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MKULTRA - D’odieuses expériences de contrôle mental et de manipulation comportementale réalisées par la CIA
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Plus de 30 universités et des hôpitaux ont réalisé des expériences à base de drogues sur des étudiants, et des patientsd’hôpitaux, sans que ceux-ci en aient connaissance, dans le cadre du programme secret de la CIA dénommé MKULTRA.
de Maria Nicola Devise: Même pour les critiques les plus agressifs de l’Agence, les révélations apparues au fil du temps quant à certaines opérations exécutées avec cynisme et sadisme par la CIA frisent l’incroyable. En 1974, le journal The New York Times publie des informations sur les activités illégales déployées par CIA sur le territoire des USA, incluant des expériences de manipulation et de contrôle mental réalisées sur les citoyens américains, sans que ceux-ci en soient avertis. Le sujet a attiré l’attention du Congrès; deux commissions d’enquête ont été constituées – une commission du Congrès (connue sous le nom de Church Comitee) et une commission présidentielle (la commission Rockefeller). La plupart des documents quant à ces expériences avaient été détruits par la CIA en 1971, et malgré ces conditions, les enquêtes des deux commissions ont été révélatrices. Le rapport public émis dans l’été 1975 a confirmé le fait que la CIA et le Département de la Défense (Department of Defense) ont effectué des expériences de contrôle mental sur un très grand nombre de personnes (aussi bien avec leur accord, que – en pourcentage plus important– sans leur accord). Ces expériences faisaient partie des vastes programmes de recherche et d’expérience concernant l’influence et le contrôle du comportement humain à travers différentes méthodes, qui incluent, entre autres, l’utilisation des substances psycho actives (par exemple le LSD et la mescaline). Des révélations ultérieures d’anciens agents CIA ont confirmé les craintes que ces expériences n’avaient pas été stoppées; même à présent il existe aux USA des procès intentés par les victimes de ces expériences. La CIA et la Guerre Froide La CIA (Central Intelligence Agency – L’Agence Centrale d’Espionnage) a été fondée aux USA après la Deuxième Guerre Mondiale, en 1947. La pression de la „Guerre Froide” entre l’URSS et les USAa déclenché une suspicion presque paranoïaque entre les deux superpuissances. Cette suspicion réciproque a justifié la prolifération de l’espionnage, la course aux armements, le fait de financer des conflits collatéraux et de fonder des institutions spécialisées, parmi lesquelles mla CIA. Le statut constitutionnel de l’Agence impliquait qu’elle ne va pas effectuer d’opération sur le territoire des USA, qu’elle n’a aucune légitimité au niveau national et qu’elle ne sera pas impliquée dans la sécurité intérieure. Dès le début, le statut initialement „défensif” de la CIA a été contesté au plus haut niveau, et ainsi, en peu de temps, le rôle offensif des actions d’espionnage a été officiellement admis. La Guerre Froide a servi de prétexte pour de nombreuses actions folles, criminelles, abominables ou purement et simplement immorales. Deux exemples suffisent. „L’opération Paperclip” est le nom de code sous lequel les USA ont organisé le transfert des scientifiques nazis sur leur territoire, sous de fausses identités, et leur insertion dans ses programmes de recherche militaire. La justification a été qu’au cas contraire, l’URSS allait prendre ces scientifiques. L’opération MKULTRA, à côté des autres projets antérieurs qui visaient la manipulation et le contrôle mental, ont été justifiée par les possibles expériences similaires déroulées dans le bloc communiste. Les premières expériences de CIA dans ce domaine ont été connues comme le Projet Chatter, le Projet Bluebird et le Projet Artichoke. L’opération Artichoke et le LSD L’opération Artishoke a aussi été concentrée sur le problème de la mise à disposition des dénommés „agents terminés”, autrement dit pour trouver des méthodes d’induction de l’amnésie sur les anciens agents du Service Action qui avaient vu trop de choses et qui n’offraient plus de garantie. Ce genre d’expériences a été aux origines des rumeurs sur les assassins dénommés les „candidats Manchouriens”. Malgré des rumeurs qui ont circulé les années ’50, des informations officielles et des détails obscurs relatifs à ce programme sont seulement apparues en 1975, près la déclassification de certains documents. Les expériences avec du LSD ont été poursuivies par le projet MKULTRA, démarré en 1953. Quelques révélations sur ces expériences ont explosé lorsque la famille d’un ancien officier biochimiste, le Dr. Frank Olson, a intenté procès aux autorités américaines pour le décès de celui-ci ; des officiels des CIA ont du reconnaître que la chute fatale de Olson d’un bâtiment de New York a été due aux expériences avec du LSD auxquelles il avait été soumis, sans son accord, dans le cadre du programme MKULTRA. Les investigations ultérieures ont éveillé des suspicions sur le fait que le biochimiste avait été assassiné parce qu’il en connaissait déjà trop. Le début du programme complexe MKULTRA L’origine de ces expériences de contrôle mental semble être encore plus vieille. il est connu à l’heure actuelle qu’après la défaite de l’Allemagne Nazie pendant la deuxième guerre mondiale, les USA ont fait sortir de l’Allemagne l’élite des chercheurs scientifiques du troisième Reich (la soi disante opération „Paperclip”). Gottlieb a eu ainsi à disposition, non seulement la documentation des expériences de manipulation des camps de concentration nazis (tout spécialement Dachau), mais aussi une partie des „experts” qui les avaient conçues. Les expériences avec des drogues, des radiations, des micro-ondes et des ultrasons du programme MKULTRA ont été réalisées sur des prisonniers de guerre, sur des soldats, mais aussi sur des patients des hôpitaux psychiatriques ou sur la population. Un exemple inédit : les soi disantes „maisons sécurisées” où avaient lieu des expériences. Parmi celles-ci on comptait des bordels où on administrait des substances psycho dynamisantes aussi bien aux prostituées qu’aux clients ; leur comportement était observé à travers des miroirs sans tain. Des projets et des programmes de MKULTRA Les documents révèlent l’implication de plus de 30 Universités et d’Institutions dans les projets MKULTRA. Voilà quelques-uns de ces 150 projets : Expériences d’hypnose réalisées à l’université de Denver, Expériences s’étant déroulées à Boston Psychopathic Hospital, Étude des dépressifs, des schizophrènes et des alcooliques, Modification de la personnalité, Manuel de magie, Expériences avec du LSD sur les étudiants, Induction de l’infirmité, Fabrication de drogues, Récolte de plantes psycho dynamisantes, Combinaison de drogues, de l’hypnose et de la privation sensorielle, Le Sommeil et l’insomnie, Combinaison de l’isolement et des électrochocs, Expériences sur les réfugiés hongrois, Substances allergéniques, Champs des enfants, Influence des préoccupations des enfants, Les groupes d’adolescents, Suggestions subliminales etc. Ces documents attestent de la réalisation des expériences à l’aide de drogues et de l’hypnose sur les étudiants dans de dizaines d’universités des USA, sans l’information ou d’accord des étudiants. La CIA a dépensé des millions de dollars pour les études des méthodes d’influence et de contrôle du mental humain à l’aide des drogues. Un document MKULTRA de 1955 énumère les études effectuées sur les substances qui lèsent le comportement, le psychisme et le mental, les classifiant ainsi : - des substances qui génèrent un comportement impulsif et l’impossibilité de raisonner jusqu’au point où le sujet se discrédite en public - des substances qui augmentent l’efficacité mentale et améliorent les perceptions - des matériels qui préviennent ou éliminent l’ivresse provoquée par l’alcool - des substances qui intensifient l’effet de l’alcool et l’état d’ivresse - des substances qui provoquent (de façon irréversible) les symptômes de certaines affections psycho mentales connues - des matériels qui facilitent l’induction de l’état d’hypnose et la rendent plus „efficace” - des substances qui renforcent la résistance aux privations, à la torture et aux pressions durant les interrogatoires ou un lavage de cerveau - des matériels qui provoquent l’amnésie (ou la perte partielle ou complète de la mémoire) - des méthodes physiques qui provoquent des états de choc et de confusion et qui peuvent être utilisées en secret - des substances qui produisent des handicaps physiques, comme la paralysie des jambes, l’anémie - des substances qui provoquent des états euphoriques, sans avoir d’effet secondaire - des substances qui altèrent la personnalité et stimulent la dépendance vis à vis d’une autre personne - des substances qui génèrent des états de confusion mentale, en altérant la capacité de raisonner - des substances qui diminuent la volonté et l’efficacité au travail, lors de l’administration des quantités infimes, impossible à détecter - des substances qui génèrent de la faiblesse et modifient les perceptions visuelles et auditives, de préférence sans effet permanent - des substances qui peuvent être administrées en secret, en quantités infimes, pour rendre impossible toute activité physique. Quelques expériences épouvantables Une des techniques impliquait l’administration, pratiquement continue de LSD, en grandes quantités, pendant de longues périodes de temps (plus de deux mois). Une autre technique poursuivait la combinaison des effets de barbituriques (injectées dans un bras) avec les amphétamines (injectées dans l’autre bras, après que le patient se soit endormi). Le but était d’interroger le patient durant le sommeil. D’autres expériences combinaient les drogues très fortes (l’héroïne, par exemple) à l’alcool. Des expériences MKULTRA ont aussi été réalisées au Canada, grâce au Dr Donald Cameron, recruté par la CIA lorsqu’il travaillait à « Allan Memorial Institute » de l’Université Mc Gill de Montréal. Il était payé par la CIA pour réaliser des expériences du programme MKULTRA sur ses patients. À part le LSD, Cameron expérimentait différentes substances avec des effets paralysant et la thérapie par des électrochocs 30-40 fois plus intenses que dans la thérapie conventionnelle. Il provoquait chez les patients un état de coma prolongé par des drogues (le cas d’un patient maintenu trois mois en coma est célèbre) et pendant ce temps-là il peur passait des bandes avec des suggestions ou des bruits. En choisissant des patients qui avaient internés pour des troubles mineurs, comme l’anxiété ou la dépression postnatale, il a obtenu sur eux des effets irréversibles, les détruisant dans le sens le plus concret du terme. Comme effets des techniques appliquées, les patients oubliaient de parler, ils ne reconnaissaient plus leurs parents, ils devenaient convaincus que les enquêteurs étaient leurs parents. L’inconscience et l’amnésie sont les effets les plus insignifiants des procédés expérimentés par Cameron. Ce personnage odieux était considéré comme une sommité dans le monde scientifique. Il était le président de l’Association Mondiale de Psychiatrie, le président de l’Association Psychiatrique des USA et simultanément de celle du Canada. Il a fait partie du tribunal médical de Nürnberg. Les soi disantes „Expériences canadiennes” de MKULTRA ont été révélées bien plus tard, en 1984. La révélation la plus choquante est que non seulement les autorités canadiennes avaient connaissance de ces expériences, mais qu’elles ont approuvé leur déroulement. Le problème de recrutement des sujets était réalisé par chantage. La CIA avait uncontrôle sur un nombre relativement grand de bordels, où tout ce qui se passait était filmé en secret. Certains bordels étaient aménagés comme des véritables maisons sécurisées d’analyse et d’étude. Soit les visiteurs étaient drogués en secret et filmés pour analyser leur comportement, soit ils étaient soumis au chantage avec certains films pour qu’ils acceptent de se soumettre aux tests. De plus, par des méthodes de contrôle mental du projet MKULTRA un grand nombre de prostituées a été „impliqué” dans ce processus. Le but était, entre autres, de les mettre à disposition de personnages politiques importants. Les drogues et d’autres méthodes de manipulation étaient utilisées pour laver le cerveau de ces pauvres êtres, pour qu’ils se taisent et se soumettent à tous les caprices de leurs clients. D’autre part, comme toute autre agence d’espionnage, la CIA avait comme employés de nombreux „agents” qui étaient en fait des prostituées. Des expériences de manipulation par des ondes électromagnétiques Le docteur Jose Delgado, neurophysiologue à l’Université de Yale, a bénéficié de finances pour ses expériences de stimulation électrique du cerveau. Par l’implant d’électrodes dans le cerveau, Delgado a découvert qu’il pouvait avoir un grand pouvoir sur ses sujets. Il a créé des dispositifs électroniques qui opéraient à base d’ondes radio de fréquence moyenne. Le récepteur implanté dans le cerveau permettait la modification de l’état psychique dans une plage très large (mais seulement négative). Les états provoqués incluaient la furie, le désir incontrôlé et la fatigue. Delgado est arrivé à la conclusion qu’aussi bien les mouvements, que les émotions et le comportement peuvent être commandés par des impulsions électriques. Les expériences réalisées par le Dr. Ross Adey de l’Université de Californie ont démontré la possibilité d’influencer un individu par des ondes cérébrales, à travers des ondes radio spécifiques. Un autre scientifique, Allen Frey, a réalisé des expériences d’induction du sommeil à distance, à travers les ondes électromagnétiques. Il a aussi réussi à provoquer des bruits et d’autres perturbations sensorielles à travers les ondes radio (le sujet percevait des bruits qui n’existaient pas en réalité). Ses expériences ont été poursuivies par Joseph Sharp, qui a réussi à transmettre des mots à travers les ondes radio. Toutes ces expériences scientifiques auraient pu être utilisées dans des buts bénéfiques, mais malheureusement elles ont été cachées et ensuite monopolisées par les agences d’espionnage. En 1974, J.F. Scapitz a expérimenté la combinaison de ces expériences et des technologies qui utilisent les ondes électromagnétiques et les expériences initiales d’hypnose du projet MKULTRA. Ainsi, par la transmission de suggestions ou de commandes prononcées par un hypnotiseur expérimenté, on agissait à même au niveau subconscient sur les sujets, sans que ceux-ci réalisent que quelque chose leur arrivait. De possibles connexions Certains chercheurs qui ont analysé les documents existants sur le programme MKULTRA les associent à certains assassinats célèbres. Ainsi, il paraît que tant l’assassin de Robert F. Kennedy, que l’assassin du premier israélien Itzchak Rabin ont été des sujets des expériences de programmation mentale. La même hypothèse a été lancée quant à l’assassinat du membre du Congrès Leo Ryan pendant que celui-ci dirigeait une enquête à Jonestown. Encore plus, le terrible génocide de Jonestown, lorsque 900 personnes du groupement „Le Temple du Soleil” dirigé par Jim Jones sont mortes dans un supposé suicide collectif, semble avoir été déclenché par des méthodes de contrôle mental développées par la CIA. Il existe aussi des témoignages selon lesquelles certaines activités occultes, du genre de celles qui se sont déroulées, dans les souterrains de Bohemian Grove, qui impliquent des rituels sataniques combinés à des orgies sexuelles qui mènent parfois aux sacrifices humains, utilisent en tant que victimes des personnes qui ont été soumises pendant de longues périodes de temps aux techniques de lavage de cerveau et de contrôle mental du programme MKULTRA. Lisez aussi: Les riches et les puissants prennent leur pied au camp de Bohemian Grove
Nous vous invitons à visionner un bref documentaire sur MKULTRA: http://www.youtube.com/watch?v=OkwSC8qE7xE Bibliographie : Cathy O'Brien (with Mark Phillips), Trance Formation of America , 1995. David Black, Acid: The Secret History of LSD. London : Vision, 1998. W. H. Bowart, Operation Mind Control: Our Secret Governments's War Against Its Own People. New York : Dell, 1978. Frank Camper, The Mk/Ultra Secret. Savannah , GA : Christopher Scott Publishing, 1997. Anne Collins, In the Sleep Room: The Story of CIA Brainwashing Experiments in Canada . Toronto : Key Porter Books, 1998. |