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Extrait du Livre « La Douzième Planète »
de larchéologue Zécharia Sitchin
aux éditions Louise Courteau
Extrait du Chapitre 14 « Quands les Dieux senfuirent de la Terre »
P. 395 à407
Que pouvaient bien être ce déluge dont les eaux déchaînées balayèrent la Terre? Certains y voient les inondations annuelles de la plaine de lEuphrate et du Tigre. Ils avancent lidée dune inondation semblable, mais particulièrement forte. Les champs et les villes, les hommes et les animaux, tous furent emportés par les eaux en crue et les peuples primitifs, voyant en cet événement un châtiment des dieux, se mirent à répandre la légende du déluge.
Dans lun de ses livres, Sir Leonard Wooley raconte comment, en 1929, alors que les travaux dans le cimetière royal dOur sachevaient, les ouvriers creusèrent, dans un monticule proche, un petit puit à travers des masses de débris de poteries et de briques. À un mètre sous terres, ils trouvèrent une couche de boue tassée ~ ce qui, habituellement, signale le niveau où une civilisation commença à sétablir. Mais se peut-il quun millénaire de vie urbaine nai laissé quun mètre de stratification archéologique? Sir Leonard commanda aux ouvriers de continuer à creuser. Ils creusèrent encore un mètre de plus, puis deux mètres. Mais ils ne déblayaient que de la « terre vierge » ~ de la boue ne contenant aucune trace de vie humaine. Néanmoins, après quatre mètres de couches de vase séchée, les ouvriers atteignirent une strate contenant des morceaux de poterie verte et des instruments en silex. Une civilisation antérieure avait été ensevelie sous quatre mètres de boue!
Sir Leonard sauta dans la fosse et se mit à fouiller autour de lui. Il appela un de ses assistants et sollicita son opinion. Aucun deux ne parvint à échafauder une théorie plausible. Cest alors que lépouse de Sir Leonard fit remarquer, avec un rien de désinvolture: « Mais, pardi, cest le déluge! »
Dautres équipes archéologiques en Mésopotamie émirent toutefois leurs doutes quant à cette merveilleuse intuition. La couche de boue ne contenant aucune trace de vie signalait bel et bien quil y avait eu une inondation; mais, si les dépôts dOuret dAl-Ubaid indiquaient lhypothèse dun déluge survenu entre 3500 et 4000 av. J.-C., un dépôt semblable découvert à Kish fut estimé avoir été crée aux alentours de 2800 av. J.-C. On estima à la même date (2800 av J.-C.) la couche de boue trouvée à Erech et à Shourouppak, la ville du Noé sumérien. À Ninive, les archéologues trouvèrent, à une profondeur de quelques deux mètres, non moins de treize couches composées alternativement de boue et de sable fluvial datant de 4000 à 3000 av. J.-C.
Par conséquent, les savant pensent que ce que Wolley avait découvert constituait les traces dinondations locales diverses ~ qui se produisaient fréquemment en Mésopotamie où les deux fleuves et leurs fréquents changements de lits provoquent de telles catastrophes. Toutes ces diverses couches de boue, en conclurent les savants, navaient rien à voir avec la calamité hors pair, lévénement préhistorique majeure que dut être le déluge.
LAncien Testament est un chef-duvre de concision et de précision littéraires. Les mots sont toujours choisis avec soin afin dexprimer le sens le plus exact, les vers sont tous fort à propos, ils suivent un ordre voulu et ne sont jamais plus longs quil nest absolument nécessaire. Il est à noter que lhistoire complète de la création jusquà lexpulsion dAdam et dÈve du Jardin dEden tient en quatre-vingt vers. Le compte rendu complet dAdam et de sa descendance, même rapporté séparément pour Caïn et sa lignée, puis Seth, Enosh et leur lignée, ne fait pas plus de cinquante-huit vers. Par contre, lhistoire du déluge fut traité en plus de quatre-vingt-sept vers. Il sagissait bien là, en termes journalistiques, dune « histoire de toute première importance ». Ce nétait pas seulement un simple événement locale, mais une catastrophe qui concernait la Terre entière, toute lhumanité. Les textes mésopotamiens indiquent clairement que les « quatre coins de la Terre » furent affectés.
Ce fut, à tout prendre, un moment décisif dans le préhistoire de la Mésopotamie. Il y eut les évènements, les villes, les peuples, avant le déluge, et les évènements, les villes, les peuples, après le déluge. Il y eut les grandes actions des dieux et la royauté quils firent descendre du Ciel avant le déluge, et les cours des évènements divins et humains lorsque la royauté fut redescendue sur Terre après le déluge. Il fut le grand diviseur des temps.
Non seulement les listes exhaustives des Rois, mais également les textes traitant de chaque roi et de leurs ancêtres mentionnaient le déluge. Par exemple, lun deux concernant Our et Ninourta, rappelait le déluge comme un événement appartenant à un temps très lointain:
« Ce jour-là, ce jour lointain,
Cette nuit-là, cette nuit loitaine,
Cette année-là, cette année loitaine ~
Quand le déluge eut lieu. »
Le roi assyrien Ashurbapinal, un mécène des sciences qui avait constitué limmense bibliothèque des tablettes dargile de Ninive, déclara, dans lune de ses inscriptions commémoratives, quil avait trouvé dans « inscriptions de pierre datant davant le déluge », et quil pouvait les lires. Un texte akkadien, traitant des noms et de leurs origines, explique quil dressa la liste des noms des « rois daprès le déluge ». On louait un roi « de souche préservée davant le déluge ». De nombreux textes scientifiques citaient « les sages dantan, davant le déluge » comme étant leur source.
Non, le déluge ne fut ni une manifestation locale, ni une inondation périodique. Ce fut, indiscutablement, un événement dune ampleur sans précédents qui secoua toute la Terre, une catastrophe dont ni les dieux ni lhomme navaient jusqualors ~ et nont depuis ~ connu de semblable.
Il reste, dans les textes bibliques et mésopotamiens que nous avons étudiés, quelques énigmes à résoudre. Quelle fut la nature de lépreuve que lhumanité eut à subir, et à la suite de laquelle Noé fut nommé « Répit » dans lespoir que sa naissance en marquât la fin? Quel était ce « secret » que les dieux avaient juré de garder et quEnki fut accusé davoir révélé? Pourquoi le lancement dun véhicule spatial depuis Sippar fut-il le signal pour Utnapishtim dentrer dans larche et de la sceller? Où se trouvaient les dieux alors que les eaux recouvraient même les plus hautes montagnes? Et pourquoi apprécièrent-ils tant le sacrifice de viande rôtie offert par Noé/Utnapishtim?
En continuant à chercher des réponses à ces questions ~ et aussi à dautres ~, nous nous apercevons que le déluge ne fut pas un châtiment prémédité des dieux et infligé selon leur bon vouloir. Nous découvrirons que, bien que le déluge ait été un événement prévisible, il fut toutefois inévitable. Il sest agi dune calamité naturelle dans laquelle les dieux ne jouèrent quun rôle passif et non actif. Nous allons démontrer que le secret que les dieux avaient fait le serment de garder était une conspiration contre lhumanité: cacher aux Terriens les informations quils possédaient sur linévitable avalanche deau. Alors que les Néfilims sauveraient leurs vies, lhumanité périrait.
La plupart des connaissances que nous avons enrichies sur le déluge et les évènements qui lon précédé viennent du texte « Lorsque les dieux comme les hommes ». Dans ce texte, le héros du déluge sappel Atra-Hasis. Dans le passage du déluge de « lépopée de Gilgamesh », Enki appela Utnapishtim « Lexcessivement sage » ~ ce qui, en akkadien, se dit atra-hasis.
Selon les opinions des savants, les textes dont Atra-Hasis est le héros du déluge pourraient appartenir à une histoire sumérienne plus ancienne que le déluge. Au fil du temps, suffisamment de tablettes babyloniennes, assyriennes, cananéennes, et même sumériennes, ont été retrouvées pour permettre de reconstituer lépopée de lAtra-Hasis, un chef duvre attribué tout dabord à W.C. Lambert et A.R. Millard (Atra-Hasis: « The Babylonian Story of the Flood »).
Après avoir décrit le dur labeur des Anounnaki, leur mutinerie, et la création du Travailleur Primitif, lépopée raconte comment lhomme ~ comme nous lapprenons également dans la version biblique ~ se mit à procréer et à se multiplier. Petit à petit, lhumanité commença à énerver Enlil.
« Le Terre sagrandit, le peuple se multiplia;
Ils sétalaient sur la terre comme des taureaux sauvages.
Le dieu fut perturbé par leurs accusations,
Et dit aux grands dieux:
« Les accusations de lHomme sont devenues oppressantes;
Leurs accouplements me privent de sommeil. » »
Enlil ~ à qui revient encore le rôle de procureur contre lhumanité ~ ordonna alors un châtiment. Il faut donc sattendre, à présent, à larrivée du déluge. Mais non point. Pour aussi surprenant que ce soit, Enlil ne fit même jamais état dun déluge ou de toute autre catastrophe semblable. Afin de décimer lhumanité, il eut recours à la peste et eux maladies.
Les version akkadiennes et assyriennes de lépopée parlent de « douleurs, de vertiges, de frissons, de fièvre » ainsi que de « maux, maladies, de fléaux et de peste », infligés à lhomme et ses animaux suite à la décision dEnlil. Mais le projet dEnlil échoua. Celui « qui était excessivement sage » ~ Atra-Hasis ~ se trouvait être tout particulièrement proche du dieu Enki. Narrant sa propre version de lhistoire, il dit: « Je suis Atra-Hasis; Jai vécu dans le temple dEa mon seigneur. » « Lesprit à lécoute du dieu Enki », Atra-Hasis fit appel à lui pour déjouer le projet de son frère Enlil.
« Ea, Ô Seigneur, lHumanité gémit;
La colère des dieux ronge le pays,
Pourtant, cest toi qui nous a créé!
Fais cesser les maux, les vertiges,
Les frissons, la fièvre! »
Jusquà ce que soient retrouvés les fragments manquants des tablettes, nous ne saurons pas quel fut le conseil dEnki. Il dit à propos de quelque chose « que cela apparaisse dans le pays ». Quoi que ce fût, cela survint. Peu de temps après, Enlil se plaignit amèrement auprès des dieux du fait que « le peuple navait pas diminué; ils sont plus nombreux que jamais! »
Il se mit alors à exposer comment il ferait périr lhumanité par le famine. « Que lon coupe les vivres au peuple; dans leurs estomacs, quils manquent de fruits et de légumes! » Des forces naturelles devaient être responsable de cette famine, le manque de pluie et, par conséquent, une irrigation impossible.
« Que les eaux de la pluie soient retenues en haut;
En bas, que les eaux ne surgissent plus de leurs sources.
Que le vent souffle et assèche le sol;
Que les nuages sépaississent et retiennes la pluie. »
Même les ressources alimentaires de la mer devaient disparaître: Enki reçut lordre de tirer « le verrou, de fermer la mer » et de « garder » la nourriture loin du peuple.
Bientôt, la sécheresse commença son uvre de dévastation.
« Den haut, la chaleur nétait pas
En bas, les eaux ne surgirent plus de leur source.
Le ventre de la terre ne donna plus rien;
La végétation ne poussa plus
Les champs noirs se firent blancs;
La grande plaine étouffa sous le sel. »
La famine qui sensuivit fit des ravages parmi le peuple. Les conditions de vie empiraient au fil du temps. Les textes mésopotamiens parlent de six sha-at-tams de plus en plus dévastateurs: certains traduisent ce terme par « années », mais il signifie littéralement « passages », et, comme la version assyrienne le précise, « une année dAnou ».
« Pendant un sha-at-tam ils mangèrent lherbe de la terre.
Le deuxième sha-at-tam ils subirent la vengeance.
Le troisième sha-at-tam vint;
Leurs traits se déformaient sous leffet de la faim
Leurs visages étaient incrustés
Ils vivaient au seuil de la mort,
Quand vint le quatrième sha-at-tam,
Leurs visages se firent vert;
Ils marchaient recroquevillés dans les rues;
Leur larges [épaules?] étaient devenues étroites. »
Au cinquième « passage », la vie humaine commença à se détériorer. Les mères fermaient leurs portes sur leurs filles affamées. Les filles espionnaient leur mère pour voir si elles navaient pas caché quelque nourriture.
Au sixième « passage », le cannibalisme fit rage.
« Quand vint le sixième sha-at-tam
Ils préparèrent la fille pour un repas;
Ils préparèrent lenfant pour le manger
Une maison dévorait lautre. »
Les textes font état de lintercession incessante dAtra-Hasis auprès du dieu Enki. « Dans la maison de son dieu , il mit le pied , il pleura chaque jour, apportant des offrandes le matin , il invoquait le nom de son dieu », cherchant laide dEnki pour enrayer la famine.
Cependant, Enki dut se sentir lié par la décision des autres divinités, car, au début, il ne répondit pas. Il est même très probable quil se cacha de son fidèle adorateur en quittant le temple et en voguant vers ses chers marécages. « Lorsque les gens vivaient aux frontières de la mort », Atra-Hasis « mit son lit face à la rivière ». Mais il ny eut aucune réponse.
La vue dune humanité affamée, désagrégée, de parents mangeant leurs propres enfants, aboutit finalement à linévitable: une autre confrontation entre Enki et Enlil. Au septième « passage », lorsque les hommes et les femmes qui restèrent étaient « comme les fantômes des morts », ils reçurent un message dEnki. « Faites un grand bruit dans le pays », dit-il. Envoyez des messagers ordonner à tout le peuple: « Ne vénérez pas vos dieux, ne priez plus vos déesses. » Il voulait que sétablisse une désobéissance totale!
Sous le couvert dune telle agitation, Enki projeta une action plus concrète. Les textes, assez fragmentés à cet endroit, dévoilent quil convoqua une assemblée secrète « danciens » en son temple. « Ils entrèrent Ils prirent conseil dans la maison dEnki .» En premier lieu, Enki se disculpa, leur disant combien il sétait opposé aux actes des autres dieux. Puis il définit un plan daction qui, dune manière ou dune autre, concernait son commandement des mers et du Monde dEn-Bas.
Nous pouvons glaner quelques détails clandestins de ce projet à partir de quelques vers fragmentaires: « Dans la nuit après quil », quelquun devait être « aux berges de la rivière » à une certaine heure, peut-être pour attendre le retour dEnki du Monde dEn-Bas. De là, Enki « apporta les guerriers de leau » ~ peut-êtres quelques uns des Terriens qui étaient des Travailleurs Primitifs dans les mines. À une heure déterminée, les commandements furent donnés: « Allez! lordre »
Malgré les vers manquants, nous pouvont deviner, daprès la réaction dEnlil, ce qui se passa. « Il était plein de colère. » Il convoqua lassemblée des dieux et envoya son sergent armé chercher Enki. Puis, il se leva et accusa son frère davoir saboté les plans de surveillance-et-de-garde:
« Nous tous, Grand Anounnaki,
Sommes parvenus ensembles à une décision
Je commandais que dans lOiseau des Cieux
Adad garde les régions supérieures;
Que Sin et Nergal gardent
Les régions intermédiaires de la Terre;
Que le verrou, la barre de la mer,
Toi [Enki] garde avec tes fuséees.
Mais tu laissas le peuple sans le contrôler! »
Enlil accusa son frère davoir rompu « le verrou de la mer ». Mais Enki nia que cela se fût produit avec son consentement:
« Le verrou, la barre de la mer,
Jai gardé avec mes fusées.
[Mais] quand mont échappé
Un foisonnement de poissons il disparut;
Ils cassèrent le verrou
Ils avaient tué les gardiens de la mer. »
Il prétendit avoir capturé et puni les coupables, mais Enlil nétait pas satisfait. Il demanda à Enki « de cesser de nourrir son peuple », quil cesse de leur « fournir les rations de maïs qui faisaient vivre le peuple ». La réaction dEnki fut étonnante:
« Le dieu en eut assez dêtre assis;
Dans lAssemblée des Dieux,
Il fut pris de fou rire. »
Nous pouvons imaginer le tintamarre. Enlil était furieux. Il y eut des échanges très animés avec Enki et des cris. « Lesclandre est entre ses mains! » Lorsque lassemblée fut finalement rappelée à lordre, Enlil prit la parole. Il rappela à ses collègues et ses subordonnés quil sétait agi dune décision unanime. Il passa en revue les évènements qui suivirent la fabrication du Travailleur Primitif, et signala les nombreuses fois où Enki « ne respecta pas la règle ».
Mais, dit-il, il restait encore une chance pour anéantir lhumanité! Un « déluge meurtrier » se préparait. La catastrophe à venir devait rester ignorée du peuple. Il demanda à lassemblée de jurer de tenir le secret, et, ce qui est très important, de « lier le prince Enki par un serment ».
« Enlil ouvrit la bouche pour parler
Et sadressa à lAssemblée de tous les dieux:
« Venez, chacun de vous, et faites un serment
En ce qui concerne le déluge meurtrier! »
Anou fut le premier à faire le serment;
Enlil jura; ses fils jurèrent avec lui. »
Tout dabord, Enki refusa de prêter le serment. « Pourquoi voulez-vous me lier par un serment? » demanda-t-il. « Dois-je lever la main contre mes propres humains? » Mais finalement, il fut contraint de le faire. Un des textes déclare clairement: « Anou, Enlil, Enki, et Ninhoursag, les dieux des Cieux et de la Terre avaient fait le serment. »
Le sort en était jeté!
Par quel serment était-il tenu? Enki choisit de linterpréter, il jura de ne pas révéler au peuple le secret du déluge qui sannonçait; mais ne pouvait-il pas le confier à un mur? Il fit appeler Atra-Hasis au temple, se plaça derrière un paravent et prétendit parler au mur et non à son Terrien dévoué. « Paravent de roseaux », dit-il,
« Fais attention à mes instructions.
Sur toutes les habitations, de toutes les villes,
Une tempête passera.
Ce sera la destruction de la graine de lHumanité
Ceci est la décision finale,
Le mot de lAssemblée des dieux,
La parole énoncée par Anou, Enlil et Ninhoursag. »
Ce subterfuge explique les réfutations quil fit par la suite, lorsque la survie de Noé/Utnapishtim fut découverte; il navait pas rompus son serment ~ un Terrien dune « extrême sagesse » (atra-hasis) avait découvert le secret du déluge par lui-même, en interprétant correctement les signes. Lempreinte dun sceau montre un assistant tenant un paravant tandis quEa ~ tel le Dieu du Serpent ~ dévoile le secret à Atra-Hasis (fig. 160).
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%% (p 403)
Fig. 160
Enki conseilla à son serviteur dévoué de construire un vaisseau navigable; mais, quand ce dernier répondit: « Je nai jamais construit de bateau dessine-moi au sol un plan pour que je puisse le voir », Enki lui fournit des instruction précises concernant le bateau, ses mesures et sa construction. Bercés par les récits de la Bible, nous imaginons cette « arche » comme un bateau large, avec des ponts et des tabliers. Mais le terme biblique ~ teba ~ vient de la racine « submergé » et lon doit conclure quEnki donna à son Noé des instructions pour quil construise un bateau submersible: un sous-marin.
L e texte akkadien cite Enki demandant un bateau « couvert au-dessus et dessous », scellé hermétiquement avec un « goudron solide ». Il ne devait y avoir ni ponts, ni ouvertures « afin que le soleil ne puisse pénétrer à lintérieur ». Cela devait être un bateau « comme un bateau dApsu » un sulili, le terme même qui, de nos jours, est utilisé en hébreux (soleleth) pour désigner un sous-marin.
« Que le bateau », dit Enki, « soit un MA.GUR.GUR. » ~ « un bateau qui puisse se tourner et se retourner ». Il est certain que seul, un tel bateau pouvait résister à une aussi puissante avalanche deau.
La version dAtra~Hasis réitère, comme les autres, quà sept jours du désastre le peuple nétait pas conscient de son arrivée. Atra-Hasis prit, pour excuse, la construction du « vaisseau dApsu » afin de partir pour la demeure dEnki et, peut-être, ainsi détourner la colère dEnlil. Ce départ fut aisément accepté, car tout allait très mal. Le père de Noé avait, quand à lui, espéré que la naissance de son fils signalerait la fin dune dure période de souffrance. Le problème, pour le peuple, découlait dune longue sécheresse ~ une absence de pluie, un disette deau. Qui aurait pu prévoir quils allaient être noyés sous une avalanche deau?
Cependant, si les humains ne pouvaient pas lire les signes, il en était tout autrement des Néfilim. Pour eux, le déluge nétait pas un événement soudain; bien quil fut inévitable, ils en avaient détecté la venue.
Conscients cependant de cette calamité imminente, de son impact global, les Néfilim prirent des mesures pour sauver leur propre vie. Avec la Terre prête à être engloutie sous les eaux, ils ne disposaient que dune direction pour se protéger: vers le ciel. Lorsque la tempête qui précéda le déluge commença à souffler, les Néfilim montèrent à bord de leur navette spatiale et restèrent en orbite autour de la Terre jusquà ce que les eaux aient commencé à redescendre.
Le jour du déluge fut, nous le montreront, celui où les dieux senfuirent de la Terre.
Le signe que Utnapishtim devait attendre pour rejoindre tous les autres sur larche et la sceller hermétiquement, était celui-ci:
« Quand Shamash,
Qui commande un tremblement au crépuscule,
Fera pleuvoir une pluie déruption ~
Monte à bord du bateau,
Voliges-en lentrée! »
Shamash, comme nous le savons, était responsable du port spatial de Sippar. Il ny a aucun doute dans notre esprit sur le fait quEnki donna lordre à Utnapishtim de guetter le premier signe de lancement de fusées spatiales à Sippar. Shourouppak, où habitait Utnapishtim, nétait quà 18 beru (quelques 180 km, ou 112 miles) au sud de Sippar. Puisque les lancements devaient avoir lieu eu crépuscule, apercevoir la « pluie déruptions » que le lancement des fusées ferait « pleuvoir » ne poserait aucun problème.
Bien que les Néfilim fussent prêt pour le déluge, sa venue révéla être une expérience terrifiante: « Le bruit du déluge faisait trembler les dieux. » Mais, lorsque le moment de quitter la Terre arriva, les dieux « de plus en plus petit, montèrent vers les Cieux dAnou ». La version assyrienne dAtra-Hasis fait mention de dieux utilisant un rubuk ilani (« chariot des dieux ») pour échapper de la Terre. « Les Anounnakis montèrent » leurs fusées comme des torches, « faisant flamber la Terre avec leurs feux ardents ».
En orbite autour de la Terre, les Néfilim furent témoins dune scène de dévastation qui les affecta profondément: le texte de Gilgamesh nous informe quau fur et à mesure que la tempête augmentait dintensité, non seulement « personne ne pouvait voir son compagnon », mais « le peuple ne pouvait pas être reconnu depuis le cieux ». Entassés dans leurs vaisseaux spatiaux, les dieux sefforçaient de voir ce qui se passait sur la planète dont ils venaient de décoller.
« Les dieux étaient tapis comme des chiens,
Blottis contre les murs extérieurs.
Ishtar pleura comme une femme en labeur:
« Les jours dantan viennent hélas de se transformer en argile »
Les dieux Anounnaki sanglotaient avec elle.
Les dieux, tous humbles, étaient assis et sanglotaient;
Leurs lèvres serrées chacun et tous. »
Les textes dAtra-Hasis font écho du même thème. Les dieux, séchappant, regardaient en même temps la destruction. Mais la situation au sein de leur vaisseaux nétait pas très brillante. Apparemment, ils se trouvaient divisés en plusieurs véhicules spatiaux; la tablette III de lépopée de Atra-Hasis décrit les conditions de vie à bord de lun des vaisseaux que les Anounnaki partageaient avec la Déesse Mère.
« Les Anounnaki, grands dieux,
Étaient assis, ayant soif, et faim
Ninti pleura et sabandonna à ses émotions;
Elle pleura et confia ses sentiments.
Les dieux pleuraient avec elle pour la Terre.
Elle était accablée de douleur,
Elle avait soif de bière.
Où elle était assise, les dieux étaient assis et pleuraient;
Recroquevillés comme des moutons à labreuvoir.
Leurs lèvres étaient fiévreuses de soif,
Ils souffraient des crampes de la faim. »
La Déesse Mère, elle même, Ninhoursag, fut choquée par lampleur de la dévastation. Elle se lamentait de ce spectaple:
« La Déesse vit et elle pleura
Ses lèvres étaient recouvertes de fièvre
« Mes créatures sont devenues comme des mouches ~
Elles remplissent les rivières comme des libellules,
Leur paternité leur fut prise par la mer déchaînée ». »
Pouvait-elle, vraiment, sauver se propre vie alors que lhumanité, quelle avait aidé à créer, était en train de mourir? Pouvait-elle vraiment quitter la Terre, se demanda-t-elle tout haut?
« Monterais-je vers les Cieux,
Afin de résider dans la Maison des Offrandes,
Où Anou, le Seigneur a ordonné daller? »
Les ordres donnés aux Néfilim se clarifient: Abandonnez la Terre, « montez au Ciel ». Cétait à lépoque où la Douzième Planète était au plus près de la Terre, à lintérieur de la ceinture des astéroïdes (« le Ciel »), comme le prouve le fait quil fut possible à Anou de participer aux conférences cruciales qui précédèrent de peu le déluge.
Enlil et Ninourta ~ peut-être accompagnés de lélite des Anounnaki, ceux qui avaient dirigé Nippour ~ se trouvaient tous dans un vaisseau spatial, projetant, cest certain, de rejoindre la navire spatial principal. Mais les autres dieux navaient pas autant de détermination. Forcés dabandonner la Terre, ils se rendirent soudainement compte à quel point ils en étaient devenus attachés, ainsi quà ses habitants. Dans un autre vaisseau, Ishtar sécriait: « Hélas, les jours dantan sont devenus de largile »; les Anounnakis qui étaient dans son vaisseau « pleuraient avec elle ».
De toute évidence, Enki se trouvait dans un autre véhicule, sinon son absence aurait dévoilé aux autres quil avait réussi à sauver la graine de lhumanité. Sans doutes avait-il dautres raisons pour se sentir moins triste, car il est évident quil avait également prévu cette rencontre à lArarat.
Les versions anciennes semblent impliquer que larche avait simplement était transporté dans la région de lArarat par les vagues torrentielles; et une « tempête du sud » aurait certes poussait le bateau vers le nord. Mais les textes mésopotamiens reviennent sur le fait quAtra-Hasis/Utnapishtim embarqua avec lui un « Batelier » nommé Puzur-Amurri (« lOccidental qui connaît les secrets »). Cest à lui que le Noé mésopotamien « confia la structure, avec son contenu » dès que la tempête commença. Pourquoi avait-il besoin dun navigateur chevronné, si ce nest quil fallait conduire larche à une destination précise?
Comme nous lavons montré, dès leur arrivé, les Néfilim utilisèrent les pics dArarat comme repères. Comme ils étaient les plus hauts sommets de cette partie du monde, il fallait, en effet, sattendre à ce quils réapparaissent les premiers du manteau deau. Enki, « le Sage, lomniscient » pouvait au moins arriver à cette simple constatation. Nous pouvons donc en déduire quil avait dû instruire son serviteur de conduire larche vers lArarat où il avait projeté, depuis le premier jour, la rencontre.