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    Aujourd'hui l'Erudit de la FOA va vous entretenir de l'histoire rocambolesque mais non moins véridique d'une drogue pas comme les autres qui a laissé son empreinte dans la pop culture et dans un certain nombre de cervelles pour le pire et le meilleur.

    Découverte et euphorie :

    Tout commence en 1943, à 500 mètres de la frontière française, à Bâle en Suisse. Dans les laboratoires Sandoz (aujourd’hui Novartis), Albert Hoffmann, un chercheur de 36 ans absorbe accidentellement une goutte d’une substance qu’il avait isolée cinq ans auparavant sans en percevoir les applications, le LSD ou Acide Lysergique Diéthylamide tiré d’un champignon ; L’ergot de seigle. Ce même champignon qui au court du moyen-âge provoquait une maladie délirante et mortelle appelée le feu de Saint Antoine. En retournant chez lui à bicyclette, il fut pris trois heures durant, d’une ivresse puissante caractérisée par une stimulation intense de l’imagination. Vingt ans plus tard le LSD deviendra populaire aux Etats-Unis en étant associé à la contre-culture des années soixante pour laquelle les drogues représentaient globalement un puissant levier d’élévation de l’âme dans une perspective qui sciemment ou non, se rapprochait de la religion avec laquelle elle entrait en concurrence. On consommera alors le LSD sur de petits buvards que l’on laisse se imbiber sur la langue.


    La popularisation somme toute fort rapide de cette substance ne peut pas s’expliquer sans le concours involontaire de la CIA. Il est habituel que ce type d’inventions, comme toute sorte d’autres d’ailleurs, soit récupérée et développée par les militaires. Ainsi, les Allemands avaient déjà mis au point le MDMA pendant la guerre de 14-18 pour favoriser la résistance au sommeil de ses combattants. Au lendemain de la seconde guerre mondiale les états major du monde entier ont été convaincus de l’aspect primordial du renseignement dans l’issue de la guerre. La CIA s’est alors mis à la recherche d’un sérum de vérité pour le compte de ses activités d’espionnage alors en plein essor. Au lendemain de la guerre, des laborantins étudient la marijuana et concoctent une première « Truth Drug », un sérum de vérité dont les effets sont décevants car les sjuets ont tendance à fabuler. Dès 1947, les services américains se tournent vers la mescaline, un alcaloïde déjà testé à Dachau par les Nazis, la stupeur qu’elle engendre ne les satisfait pas. Les programmes de recherche sur une drogue capable de détruire la personnalité pour rendre bavard l’homme le plus réservé, qu’ils s’appellent « Blue bird » ou « Articot », se succèdent. On y étudie les dérivés de la cocaïne et de l’héroïne, mais il n’en sort rien de vraiment concluant. En 1951, la CIA découvre le LSD et pense avoir mis la main sur le sérum de vérité. Elle le teste sur des individus et après des premiers résultats concluants, il s’avère que le LSD produit des distorsions de la réalité.

    Un virage à 180° se produit alors. L’acide apparaît alors à certains comme une protection contre les interrogatoires, les agents pouvant en avaler une pastille s’ils tombaient aux mains de l’ennemi et raconteraient n’importe quoi. Les théories se multiplient de façon contradictoire et dans le contexte très particulier de la guerre froide, la paranoïa gagne. Les Américains commencent à redouter que l’ergot de seigle ne prolifère en Russie, que les Soviétiques constituent des stocks et versent du LSD dans l’eau d’une grande ville américaine et ne la transforme en asile de fous. Les recherches se poursuivent donc. Il est rapidement établi que l’hypothèse de l’empoisonnement de masse est sans fondement mais cette crainte aura servi de « starter » à un afflux de crédits toujours plus importants. Les services américains suivent ainsi de près les expériences du docteur Bercell, un psychiatre qui donne du LSD à des araignées et s’aperçoit que les toiles qu’elles tissent sont parfaitement symétriques!

    Les photos ci-dessous illustrent en outre les effets d'autre drogues sur le travail de ces pauvres araignées.

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    Mais trèves de digressions biologiques. La CIA, qui a acheté à Sandoz des kilos d’acide et trouvé sa formule lance de nouveaux chantiers. Dans ce cadre, les agents de l’agence en absorbent eux même. Pour les tests l’argent ne manquait pas et Sidney Gottlieb, à la tête d’un service de 50 personnes baptisé MK ultra, a carte blanche pour trouver des cobayes et se consacrer aux recherches sur le LSD. A l’époque presque tout le monde ignore l’existence d’une telle drogue et la CIA jouit d’une impunité totale (certain esprits chagrins diront que ça n'a pas changé). Le LSD a le statut d’arme classée secret défense, protégée par le National Security Act, un décret fédéral qui prévoit dix ans de prison pour toute personne qui en révélerait l’existence.

    Des expériences inhumaines :

    Ne parvenant pas à trouver assez de cobayes dans les rangs de l’armée, Gottlieb fait appel à ses propres collaborateurs, un comble pour cet homme qui ne boit jamais une goutte d’alcool et deviendra, pour raison d’Etat, l’un des plus grands dealers de l’après guerre. Le 19 novembre 1953, lors d’un cocktail organisé pour son équipe, il a glissé de fortes doses de LSD dans le bac à punch…un carnage. Hunt Olson un biochimiste de 37 ans ne supporte pas les effets du psychotrope et tombe dans un délire paranoïaque qui dure 6 jours et 6 nuits. Il restera terrorisé par le moindre véhicule. La CIA le met au vert et lui trouve un psychiatre de l’agence pour maquiller le diagnostique. Logé dans une chambre d’hôtel de Manhattan, Olson se jette finalement du 13ème étage. La CIA fait passer le drame pour un suicide, l’affaire est close mais en hauts lieux Gottlieb se fait taper sur les doigts, d’autant plus qu’il y a eu d’autres « blessés » à l’issu de ce punch psychédélique.

    Officiellement, les expériences de LSD sur des cobayes innocents sont suspendues. En réalité, Gottlieb qui dirige, au sein du projet MK ultra deux équipes concurrentes, le « Technical service staff » et « Office of security » demande à ses collaborateurs de trouver par tous les moyens des cobayes, quitte à les chercher dans la rue. Hunter White, un ancien agent du narcotics bureau lui propose alors d’équiper de mini caméras un petit appartement New Yorkais dans Greenwich Village, une sorte de pouponnière avec miroirs sans teints à travers lesquels les officiels de l’agence pourraient observer les effets des acides sur des victimes qu’il se chargerait lui-même de draguer. Très vite White se retrouve à la tête de plusieurs observatoires de ce type, il drogue ses victimes et se retire pour observer leur delirium tremens qui peuvent durer plusieurs jours. A la demande du service, l’expérience s’étend à plusieurs maisons closes de San Francisco; White s’arrange pour rendre accro les prostituées et droguer à leur insu une bonne partie des clients. Les caméras tournent et Gottlieb sait maintenant que l’être humain sous LSD à de bien curieuses manières de faire l’amour !

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    Puis c’est l’escalade, les expérimentations sont étendues aux détenus, aux malades mentaux, aux étrangers, et aux minorités ethniques dans des centres d’étude sur la folie. On dealera aussi du LSD à tous les artistes de Greenwich Village qu sera plus tard connu pour être un haut lieu de la Beat Generation. A la fin des années cinquante, les expériences semblent concluantes et l’étendue des applications militaires infinies, la CIA se prend à rêver de coups fumants. A Londres, à Paris, à Berlin, à Stockholm, de jeunes américains choisis parmi les opposants traditionnels de la CIA - intellectuels, gay, communistes sont brûlés au LSD en public. A Montparnasse, à la terrasse du café « Sélect » et en plein jour, Stanley Glickmann, un peintre de 22 ans, bois une chartreuse dans laquelle on a glissé du LSD. Admis à l’hôpital américain de Neuilly, il restera toute sa vie en état de choc neuroleptique. Les soldats américains sont désignés par centaines pour des expériences de plus en plus exigeantes en hommes et en moyens. A Fort Maxellan (Alabama), 200 GI’s se voient administrer de faibles doses de LSD pendant 77 jours! Dans les prisons les tests se multiplient sur les détenus noirs ou politiques. C’est l’euphorie psychédélique… A Montréal, le professeur Evan Cameron, qui travaille pour le compte de la CIA, maintient inconscient pendant des mois un patient avec des doses quotidiennes de LSD et des électrodes qui, placées sur son cerveau, provoquent des chocs électro-compulsifs. La plus délirante de toutes les expérimentations reste l’opération « Derby Hart », une mission spéciale destinée à plomber Fidel Castro. Administré quelques minutes avant un discours à la radio le LSD devait déstabiliser le régime cubain en faisant dérailler son leader en direct. Peine perdue, l’opération est déjouée et les survivants du LSD commencent peu à peu à parler…


    Effets indésirables:

    En 1963, suite aux exactions du projet MK ultra, Sidney Gottlieb et son second Richard Hemmes, sont progressivement écartés des activités de l’agence. Les plaintes judiciaires se multiplient et les familles de victimes, celle de Hunt Olson en tête, tentent en vain d’alerter les médias. Officiellement supprimées, les expériences sur le LSD glissent en sous main et avec la bénédiction du président Nixon vers l’« addiction research center » et le « Law enforcement assistant administration ». Les expériences se poursuivront pendant des années notamment au Viêt-Nam avant que Sidney Gottlieb et son équipe ne se voient retirer leurs budgets pour absence de résultats et incompétence. Il faudra attendre 77 pour qu’une sous commission dirigée par Ted KennedyLSD. La plupart des fichiers du Mk ultra avaient cependant été détruits en 73. Le seul aveu de Gottlieb porte sur l’existence du MK ultra et une douzaine d’expériences sur cobayes non consentants.
    ouvre une enquête sur les expériences inhumaines menées par la CIA en matière de

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    Entre temps, dans les années soixantes l’expérimentation du LSD s’est démocratisée et a fortement influencé les arts et en particulier la musique. L’année 67 est celle de la marée LSD dont les Stones et les Beatles eux même se font les chantres avec Lucy in the Sky with Diamonds. Avant même que de grands groupes ne développent leurs expériences psychédéliques au travers d’instrumentations de plus en plus grandioses (Le « Soft Machine » de Robert Wyatt en est un bon exemple), de nombreux groupes de musiciens souvent très jeunes ont tenté de retranscrire les sensations psychédéliques avec les outils plus simples et plus accessibles du rock. Ce style appelé « garage psychédélique », a fait florès dans la seconde moitié des années soixante avant de disparaître avec ses innombrables martyrs. Son plus emblématique représentant reste le Pink Floyd de Syd Barrett, mais des formations aussi essentielles que les Doors et surtout le Velvet Underground ont une filiation directe avec ce mouvement de fond partis des Etats Unis. Les musiques noires n’ont pas plus échappé aux influences du LSD même si celles-ci ne sont pas aussi directement à l’origine du mouvement free-jazz de la fin des années soixante. Les années soixante-dix vont même voir apparaître un Psychédélique Funk (P-Funk) avec à sa tête, le groupe Funkadelic de George Clinton.

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    Coté littérature, le psychédélisme a été défini par celui qui restera son pape, Timothy Leary, un universitaire auteur en 64 du livre culte « The psychedelic expérience », cet activiste qualifiera plus tard les Beatles « d’agents révolutionnaires envoyés par Dieu », cette phrase est significative d’une époque où le ferment contestataire à permis de donner aux drogues un statut tout à fait particulier quoique pas si éloigné de l’usage religieux qu’en ont fait toutes les sociétés primitives (idée théorisée en France par Louis Pauwels futur directeur du Figaro Magazine!). Les arts graphiques sont également affectés. Une exposition baptisée « The art of acid » se tient à San Diego, on y a notamment vu pour la première fois un timbre géant de Robert Burroughs à l’effigie d’Albert Hoffmann, l’inventeur du LSD. La pièce est actuellement au musée de New York. Dans le cinéma cela donne des films comme « Easy rider » de Denis Hopper ou « More, more ! » de Barbet Schröder, deux films sortis en 69, à un moment où l’utopie d’un monde sauvé par les hallucinogènes a pris du plomb dans l’aile. Dans ces deux films les héros meurent à la fin d’un trip sans retour. Cette propagation s’explique mieux lorsqu’on sait que ce n’est qu’en 68 que le LSD fut interdit aux Etats Unis, des gens comme Timothy Leary en donnaient jusqu’alors à leurs étudiants… Au fur et à mesure que le LSD s’est popularisé, il a également suscité des réprobations et la vague acide va céder la place à d’autres drogues comme la cocaïne à partir de la fin des années 70 et ses influences artistiques vont décroître avec des mouvements comme le Punk qui au niveau des formes, se définis en réactions face aux dérives des musiques psychédéliques et progressives.


    Aujourd’hui, près de cinquante ans après les faits et quelques livres comme celui du journaliste John Marx, le gouvernement n’a toujours pas reconnu son rôle dans les expérimentations sur le LSD en dépit de l’instigation de commissions sénatoriales et d’actions en justices qui ont mis en lumière tout un faisceau de présomptions. Sidney Gottlieb quant à lui, refuse tout commentaires sur cette période et s’est retiré dans un monastère zen...


    Affiche du festival de Monterey qui s'est tenu en 1967 au sur de San Francisco, a marqué l'apogée de l'influence du LSD sur la nouvelle culture mondiale en pleine éclosion. Un seul coup d'oeil suffit pour s'en convaincre.



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  • MKULTRA - D’odieuses expériences de contrôle mental et de manipulation comportementale réalisées par la CIA



    Plus de 30 universités et des hôpitaux ont réalisé des expériences à base de drogues sur des étudiants, et des patientsd’hôpitaux,

    sans que ceux-ci en aient connaissance, dans le cadre du programme secret de la CIA dénommé MKULTRA.

     

     

    de Maria Nicola

    Devise:

     „Il faut prendre des précautions spéciales afin de protéger le secret de ces opérations; les informations ne doivent pas arriver chez les forces ennemies et elles doivent être également cachées à l’opinion publique. La révélation du fait que CIA effectue des activités illicites qui violent l’éthique et la constitution peut avoir des répercussions sérieuses dans les cercles politiques et diplomatiques.” – Les documents du projet MKULTRA

    Même pour les critiques les plus agressifs de l’Agence, les révélations apparues au fil du temps quant à certaines opérations exécutées avec cynisme et sadisme par la CIA frisent l’incroyable. En 1974, le journal The New York Times publie des informations sur les activités illégales déployées par CIA sur le territoire des USA, incluant des expériences de manipulation et de contrôle mental réalisées sur les citoyens américains, sans que ceux-ci en soient avertis. Le sujet a attiré l’attention du Congrès; deux commissions d’enquête ont été constituées – une commission du Congrès (connue sous le nom de Church Comitee) et une commission présidentielle (la commission Rockefeller). La plupart des documents quant à ces expériences avaient été détruits par la CIA en 1971, et malgré ces conditions, les enquêtes des deux commissions ont été révélatrices. Le rapport public émis dans l’été 1975 a confirmé le fait que la CIA et le Département de la Défense (Department of Defense) ont effectué des expériences de contrôle mental sur un très grand nombre de personnes (aussi bien avec leur accord, que – en pourcentage plus important– sans leur accord). Ces expériences faisaient partie des vastes programmes de recherche et d’expérience concernant l’influence et le contrôle du comportement humain à travers différentes méthodes, qui incluent, entre autres, l’utilisation des substances psycho actives (par exemple le LSD et la mescaline).  Des révélations ultérieures d’anciens agents CIA ont confirmé les craintes que ces expériences n’avaient pas été stoppées; même à présent il existe aux USA des procès intentés par les victimes de ces expériences.

    La CIA et la Guerre Froide

    La CIA (Central Intelligence Agency – L’Agence Centrale d’Espionnage) a été fondée aux USA après la Deuxième Guerre Mondiale, en 1947. La pression de la „Guerre Froide” entre l’URSS et les USAa déclenché une suspicion presque paranoïaque entre les deux superpuissances. Cette suspicion réciproque a justifié la prolifération de l’espionnage, la course aux armements, le fait de financer des conflits collatéraux et de fonder des institutions spécialisées, parmi lesquelles mla CIA. Le statut constitutionnel de l’Agence impliquait qu’elle ne va pas effectuer d’opération sur le territoire des USA, qu’elle n’a aucune légitimité au niveau national et qu’elle ne sera pas impliquée dans la sécurité intérieure. Dès le début, le statut initialement „défensif” de la CIA a été contesté au plus haut niveau, et ainsi, en peu de temps, le rôle offensif des actions d’espionnage a été officiellement admis.

    La Guerre Froide a servi de prétexte pour de nombreuses actions folles, criminelles, abominables ou purement et simplement immorales. Deux exemples suffisent. „L’opération Paperclip” est le nom de code sous lequel les USA ont organisé le transfert des scientifiques nazis sur leur territoire, sous de fausses identités, et leur insertion dans ses programmes de recherche militaire. La justification a été qu’au cas contraire, l’URSS allait prendre ces scientifiques. L’opération MKULTRA, à côté des autres projets antérieurs qui visaient la manipulation et le contrôle mental, ont été justifiée par les possibles expériences similaires déroulées dans le bloc communiste. Les premières expériences de CIA dans ce domaine ont été connues comme le Projet Chatter, le Projet Bluebird et le Projet Artichoke.

    L’opération Artichoke et le LSD

    Le programme expérimental de la CIA sur le contrôle mental dénommé „L’opération Artichoke” a été démarré en 1951. Ce projet envisageait le développement d’une méthode d’interrogation „spéciale et extrême” concentrée sur les voies et les méthodes de manipulation du mental humain. Aux origines il a été une réplique aux rumeurs que l’URSS et la Chine communiste développaient des techniques de lavage du cerveau et que celles-ci étaient mises en application sur les prisonniers de la guerre de Corée, qui se déroulait à l’époque et qui avalait les ressources des USA. À côté de techniques de désorientation, de privation de sommeil, de „chirurgie” psychique, d’électrochocs, d’hypnose, de privation sensorielle, le programme était focalisé sur l’utilisation des drogues (par exemple les amphétamines et le LSD qui venait d’être découvert). Les expériences n’ont pas été seulement  effectuées dans des laboratoires ou des maisons privées, mais aussi dans des prisons et des hôpitaux psychiatriques.

    L’opération Artishoke a aussi été concentrée sur le problème de la mise à disposition des dénommés „agents terminés”, autrement dit pour trouver des méthodes d’induction de l’amnésie sur les anciens agents du Service Action qui avaient vu trop de choses et qui n’offraient plus de garantie. Ce genre d’expériences a été aux origines des rumeurs sur les assassins dénommés les „candidats Manchouriens”. Malgré des rumeurs qui ont circulé les années ’50, des informations officielles et des détails obscurs relatifs à ce programme sont seulement apparues en 1975,  près la déclassification de certains documents.

    Les expériences avec du LSD ont été poursuivies par le projet MKULTRA, démarré en 1953. Quelques révélations sur ces expériences ont explosé lorsque la famille d’un ancien officier biochimiste, le Dr. Frank Olson, a intenté procès aux autorités américaines pour le décès de celui-ci ; des officiels des CIA ont du reconnaître que la chute fatale de Olson d’un bâtiment de New York a été due aux expériences avec du LSD auxquelles il avait été soumis, sans son accord, dans le cadre du programme MKULTRA. Les investigations ultérieures ont éveillé des suspicions sur le fait que le biochimiste avait été assassiné parce qu’il en connaissait déjà trop.

    Le début du programme complexe MKULTRA

    En avril 1953, le directeur de CIA, Alen Dulles, a autorisé le démarrage du programme MKULTRA sous la direction du docteur Sidney Gottlieb. Ayant à disposition 6 pourcent du budget de la CIA, ce programme a prolongé les expériences de contrôle mental de l’„Opération Artichoke” du niveau des espions vers le  niveau de masse, en visant le contrôle au niveau d’une armée se trouvant sur le champ de bataille ou même au contrôle d’une population civile.

    L’origine de ces expériences de contrôle mental semble être encore plus vieille. il est connu à l’heure actuelle qu’après la défaite de l’Allemagne Nazie pendant la deuxième guerre mondiale, les USA ont fait sortir de l’Allemagne l’élite des chercheurs scientifiques du troisième Reich (la soi disante opération „Paperclip”). Gottlieb a eu ainsi à disposition, non seulement la documentation des expériences de manipulation des camps de concentration nazis (tout spécialement Dachau), mais aussi une partie des „experts” qui les avaient conçues.

    Les expériences avec des drogues, des radiations, des micro-ondes et des ultrasons du programme MKULTRA ont été réalisées sur des prisonniers de guerre, sur des soldats, mais aussi sur des patients des hôpitaux psychiatriques ou sur la population. Un exemple inédit  : les soi disantes „maisons sécurisées” où avaient lieu des expériences. Parmi celles-ci on comptait des bordels où on administrait des substances psycho dynamisantes aussi bien aux prostituées qu’aux clients ; leur comportement était observé à travers des miroirs sans tain.

    Des projets et des programmes de MKULTRA

    Les quelques documents qui n’ont pas été détruits par CIA révèlent l’ampleur du programme MKULTRA; pas moins de 150 projets se déroulaient dans son cadre. Les plus précieuses informations disponibles à l’heure actuelle quant aux sous-programmes et les projets de MKULTRA sont dus à l’Archive Nationale de Sécurité, un institut de recherche fondé aux USA par un groupe de journalistes, qui collectionnent et publient des documents déclassifiés obtenus des différentes institutions en vertu du droit à l’information.

    Les documents révèlent l’implication de plus de 30 Universités et d’Institutions dans les projets MKULTRA. Voilà quelques-uns de ces 150 projets : Expériences d’hypnose réalisées à l’université de Denver, Expériences s’étant déroulées à Boston Psychopathic Hospital, Étude des dépressifs, des schizophrènes et des alcooliques, Modification de la personnalité, Manuel de magie, Expériences avec du LSD sur les étudiants, Induction de l’infirmité, Fabrication de drogues, Récolte de plantes psycho dynamisantes, Combinaison de drogues, de l’hypnose et de la privation sensorielle, Le Sommeil et l’insomnie, Combinaison de l’isolement et des électrochocs, Expériences sur les réfugiés hongrois, Substances allergéniques, Champs des enfants, Influence des préoccupations des enfants, Les groupes d’adolescents, Suggestions subliminales etc. Ces documents attestent de la réalisation des expériences à l’aide de drogues et de l’hypnose sur les étudiants dans de dizaines d’universités des USA, sans l’information ou d’accord des étudiants.

    La CIA a dépensé des millions de dollars pour les études des méthodes d’influence et de contrôle du mental humain à l’aide des drogues. Un document MKULTRA de 1955 énumère les études effectuées sur les substances qui lèsent le comportement, le psychisme et le mental, les classifiant ainsi :

    - des substances qui génèrent un comportement impulsif et l’impossibilité de raisonner jusqu’au point où le sujet se discrédite en public

    - des substances qui augmentent l’efficacité mentale et améliorent les perceptions

    - des matériels qui préviennent ou éliminent l’ivresse provoquée par l’alcool

    - des substances qui intensifient l’effet de l’alcool et l’état d’ivresse

    - des substances qui provoquent (de façon irréversible) les symptômes de certaines affections psycho mentales connues

    - des matériels qui facilitent l’induction de l’état d’hypnose et la rendent plus „efficace”

    - des substances qui renforcent la résistance aux privations, à la torture et aux pressions durant les interrogatoires ou un  lavage de cerveau

    - des matériels qui provoquent l’amnésie (ou la perte partielle ou complète de la mémoire)

    - des méthodes physiques qui provoquent des états de choc et de confusion et qui peuvent être utilisées en secret

    - des substances qui produisent des handicaps physiques, comme la paralysie des jambes, l’anémie

    - des substances qui provoquent des états euphoriques, sans avoir d’effet secondaire

    - des substances qui altèrent la personnalité et stimulent la dépendance vis à vis d’une autre personne

    - des substances qui génèrent des états de confusion mentale, en altérant la capacité de raisonner

    - des substances qui diminuent la volonté et l’efficacité au travail, lors de l’administration des quantités infimes, impossible à détecter

    - des substances qui génèrent de la faiblesse et modifient les perceptions visuelles et auditives, de préférence sans effet permanent

    - des substances qui peuvent être administrées en secret, en quantités infimes, pour rendre impossible toute activité physique.

    Quelques expériences épouvantables

    Une expérience particulièrement odieuse s’est déroulée à l’Hôpital Communautaire de Lexington, Kentucky, sous la direction du docteur Harris Isabel. Ce docteur a été embauché par la CIA pour créer une série de drogues synthétiques. Dans ce but, il a réalisé des expériences sur ses patients, spécialement ceux de couleur. Le côté tragique est que l’hôpital était une unité de récupération des dépendants de la drogue et de l’alcool. Au lieu de guérir ceux qui y étaient internés de leur propre volonté, le personnel médical leur administrait de grandes quantités de drogues. Parfois cela était fait sans l’information ou l’accord des patients, d’autres fois leur dépendance était exploitée. Le LSD, la morphine, la mescaline, la marijuana et la scopolamine sont quelques-unes des substances expérimentées.

    Une des techniques impliquait l’administration, pratiquement continue de LSD, en grandes quantités, pendant de longues périodes de temps (plus de deux mois). Une autre technique poursuivait la combinaison des effets de barbituriques (injectées dans un bras) avec les amphétamines (injectées dans l’autre bras, après que le patient se soit endormi). Le but était d’interroger le patient durant le sommeil. D’autres expériences combinaient les drogues très fortes (l’héroïne, par exemple) à l’alcool.

    Des expériences MKULTRA ont aussi été réalisées au Canada, grâce au Dr Donald Cameron, recruté par la CIA lorsqu’il travaillait à « Allan Memorial Institute » de l’Université Mc Gill de Montréal. Il était payé par la CIA pour réaliser des expériences du programme MKULTRA sur ses patients. À part le LSD, Cameron expérimentait différentes substances avec des effets paralysant et la thérapie par des électrochocs 30-40 fois plus intenses que dans la thérapie conventionnelle. Il provoquait chez les patients un état de coma prolongé par des drogues (le cas d’un patient maintenu trois mois en coma est célèbre) et pendant ce temps-là il peur passait des bandes avec des suggestions ou des bruits. En choisissant des patients qui avaient internés pour des troubles mineurs, comme l’anxiété ou la dépression postnatale, il a obtenu sur eux des effets irréversibles, les détruisant dans le sens le plus concret du terme. Comme effets des techniques appliquées, les patients oubliaient de parler, ils ne reconnaissaient plus leurs parents, ils devenaient convaincus que les enquêteurs étaient leurs parents. L’inconscience et l’amnésie sont les effets les plus insignifiants des procédés expérimentés par Cameron.

    Ce personnage odieux était considéré comme une sommité dans le monde scientifique. Il était le président de l’Association Mondiale de Psychiatrie, le président de l’Association Psychiatrique des USA et simultanément de celle du Canada. Il a fait partie du tribunal médical de Nürnberg. Les soi disantes „Expériences canadiennes” de MKULTRA ont été révélées bien plus tard, en 1984. La révélation la plus choquante est que non seulement les autorités canadiennes avaient connaissance de ces expériences, mais qu’elles ont approuvé leur déroulement.

    Le problème de recrutement des sujets était réalisé par chantage. La CIA avait uncontrôle sur un nombre relativement grand de bordels, où tout ce qui se passait était filmé en secret. Certains bordels étaient aménagés comme des véritables maisons sécurisées d’analyse et d’étude. Soit les visiteurs étaient drogués en secret et filmés pour analyser leur comportement, soit ils étaient soumis au chantage avec certains films pour qu’ils acceptent de se soumettre aux tests.

    De plus, par des méthodes de contrôle mental du projet MKULTRA un grand nombre de prostituées a été „impliqué” dans ce processus. Le but était, entre autres, de les mettre à disposition de personnages politiques importants. Les drogues et d’autres méthodes de manipulation étaient utilisées pour laver le cerveau de ces pauvres êtres, pour qu’ils se taisent et se soumettent à tous les caprices de leurs clients. D’autre part, comme toute autre agence d’espionnage, la CIA avait comme employés de nombreux „agents” qui étaient en fait des prostituées.

    Des expériences de manipulation par des ondes électromagnétiques

    Les officiels de la CIA ont déclaré que les expériences avec des drogues ont été abandonnées dans les années ’60, parce qu’on n’a pas obtenu de résultat notable. Mais il n’existe aucune garantie que ce soit la vérité, surtout que les ex-employés de la CIA ont confirmé par des déclarations publiques la continuation des expériences avec des drogues bien plus tard, dans les années ’80 et même à présent. D’autres sources de la CIA ont déclaré que les efforts de recherche ont été focalisés sur la „psychoélectronique” – la manipulation à l’aide d’électrochocs.

    Le docteur Jose Delgado, neurophysiologue à l’Université de Yale, a bénéficié de finances pour ses expériences de stimulation électrique du cerveau. Par l’implant d’électrodes dans le cerveau, Delgado a découvert qu’il pouvait avoir un grand pouvoir sur ses sujets. Il a créé des dispositifs électroniques qui opéraient à base d’ondes radio de fréquence moyenne. Le récepteur implanté dans le cerveau permettait la modification de l’état psychique dans une plage très large (mais seulement négative). Les états provoqués incluaient la furie, le désir incontrôlé et la fatigue. Delgado est arrivé à la conclusion qu’aussi bien les mouvements, que les émotions et le comportement peuvent être commandés par des impulsions électriques.

    Les expériences réalisées par le Dr. Ross Adey de l’Université de Californie ont démontré la possibilité d’influencer un individu par des ondes cérébrales, à travers des ondes radio spécifiques. Un autre scientifique, Allen Frey, a réalisé des expériences d’induction du sommeil à distance, à travers les ondes électromagnétiques. Il a aussi réussi à provoquer des bruits et d’autres perturbations sensorielles à travers les ondes radio (le sujet percevait des bruits qui n’existaient pas en réalité). Ses expériences ont été poursuivies par Joseph Sharp, qui a réussi à transmettre des mots à travers les ondes radio. Toutes ces expériences scientifiques auraient pu être utilisées dans des buts bénéfiques, mais malheureusement elles ont été cachées et ensuite monopolisées par les agences d’espionnage.

    En 1974, J.F. Scapitz a expérimenté la combinaison de ces expériences et des technologies qui utilisent les ondes électromagnétiques et les expériences initiales d’hypnose du projet MKULTRA. Ainsi, par la transmission de suggestions ou de commandes prononcées par un hypnotiseur expérimenté, on agissait à même au niveau subconscient sur les sujets, sans que ceux-ci réalisent que quelque chose leur arrivait.

    De possibles connexions

    Le mouvement hippie et le soi disant „été de l’amour” de l’année 1967 sont, affirment les spécialistes, corrélés aux expériences avec du LSD réalisées sur la population des USA et spécialement sur la jeunesse américaine, dans le cadre du projet MKULTRA et sans doute aussi d’autres programmes secrets.

    Certains chercheurs qui ont analysé les documents existants sur le programme MKULTRA les associent à certains assassinats célèbres. Ainsi, il paraît que tant l’assassin de Robert F. Kennedy, que l’assassin du premier israélien Itzchak Rabin ont été des sujets des expériences de programmation mentale.

    La même hypothèse a été lancée quant à l’assassinat du membre du Congrès Leo Ryan pendant que celui-ci dirigeait une enquête à Jonestown. Encore plus, le terrible génocide de Jonestown, lorsque 900 personnes du groupement „Le Temple du Soleil” dirigé par Jim Jones sont mortes dans un supposé suicide collectif, semble avoir été déclenché par des méthodes de contrôle mental développées par la CIA.

    Il existe aussi des témoignages selon lesquelles certaines activités occultes, du genre de celles qui se sont déroulées, dans les souterrains de Bohemian Grove, qui impliquent des rituels sataniques combinés à des orgies sexuelles qui mènent parfois aux sacrifices humains, utilisent en tant que victimes des personnes qui ont été soumises pendant de longues périodes de temps aux techniques de lavage de cerveau et de contrôle mental du programme MKULTRA.

    Lisez aussi:

    Les riches et les puissants prennent leur pied au camp de Bohemian Grove

     

    Nous vous invitons à visionner un bref documentaire sur MKULTRA: http://www.youtube.com/watch?v=OkwSC8qE7xE

    Bibliographie :

    Cathy O'Brien (with Mark Phillips), Trance Formation of America , 1995.

    David Black, Acid: The Secret History of LSD. London : Vision, 1998.

    W. H. Bowart, Operation Mind Control: Our Secret Governments's War Against Its Own People. New York : Dell, 1978.

    Frank Camper, The Mk/Ultra Secret. Savannah , GA : Christopher Scott Publishing, 1997.

    Anne Collins, In the Sleep Room: The Story of CIA Brainwashing Experiments in Canada . Toronto : Key Porter Books, 1998.


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  • http://www.aidd.org/images/illuminati-seal.jpg

    Les Illuminés de Bavière (ou parfois Illuminati de Bavière) (en allemand der Illuminatenorden) furent une société secrète allemande du XVIIIe siècle qui se réclamait de la philosophie des Lumières.

    Fondée le 1er mai 1776 par le philosophe et théologien Adam Weishaupt à Ingolstadt, elle eut à faire face à des dissensions internes avant d'être interdite par un édit du gouvernement bavarois en 1785.

    De nombreux mythes et théories du complot ont prétendu que l'ordre survécut à son interdiction et qu'il serait responsable, entre autres, de la Révolution française, de complots contre l'Église catholique ainsi que de la constitution du Nouvel ordre mondial.
     Histoire [modifier]
    Adam Weishaupt, fondateur des Illuminés de Bavière

    http://www.esoblogs.net/local/cache-vignettes/L200xH279/weishaupt_a-d5767.jpg

    Cette société, mouvement éphémère de libres penseurs rationalistes et progressistes, la plus radicale mouvance du siècle des Lumières[1] a été fondée le 1er mai 1776 par l’ancien jésuite, Adam Weishaupt, professeur de droit canonique à l'université d'Ingolstadt dans le royaume de Bavière, où l’Électeur progressiste et éclairé Maximilien III Joseph fut remplacé en 1777 par son héritier conservateur Charles Théodore, et qui était dominé par l’Église catholique et l’aristocratie. Le groupe s’est d’abord appelé l’Ordre Illuminati, puis l’Ordre des Illuminati, et enfin les Illuminati de Bavière[2].



    Cette organisation pyramidale ne se réclame pas à ses débuts de la franc-maçonnerie, que son fondateur observe avec un certain dédain[3]. Seule la direction de l'organisation connaît ses secrets et ses objectifs matérialistes et anticléricaux. Les nouveaux recrutés, les « Novices » doivent observer une période probatoire d'environ deux ans avant d'accéder au grade de « Minerval » après une initiation qui reprend des thèmes et des dénominations de l'antiquité. Le recrutement reste limité à la Bavière et ne dépasse pas quelques dizaines de membres jusqu'en 1780, date à laquelle Weishaupt décide de renforcer son organisation en reprenant certaines formes maçonniques et en infiltrant quelques loges allemandes, notamment la loge « A la Prudence » dans laquelle il entra en février 1777 bien qu'elle défendait des conceptions mystiques très différentes des siennes, et la loge « Théodore au Bon Conseil » de Munich à laquelle s'affilièrent deux autres membres dirigeants de son ordre [3].
    Adolf von Knigge

    La même année 1780, le baron Adolf von Knigge rejoint le mouvement. Franc-maçon depuis 1773, il réorganise l'ordre des illumaten en trois classes :

       1. Première classe – Pépinière :
              * Cahier préparatoire
              * Noviciat
              * Minerval
              * Illuminé Mineur
       2. Deuxième classe – Franc-maçonnerie :
              * Apprenti
              * Compagnon
              * Maître
              * Illuminé majeur ou Novice écossais
              * Illuminé dirigeant ou Chevalier écossais
       3. Troisième classe – Mystères :
              * Petits Mystères- Prêtre
              * Petits mystères- Régent ou Prince
              * Grands Mystères- Mage
              * Grands Mystères- Roi

    Knigge donne à l'ordre une direction philosophique moins anticléricale et plus rousseauiste, fondée sur un idéal d'ascétisme et de retour de l'homme à l'état de nature.
    Johann Joachim Christoph Bode

    Le 25 octobre 1782 est constituée une Grande Loge provinciale. La société atteint alors son apogée, se répandant dans les pays rhénans, en Autriche et en Suisse. Cependant, le conflit entre Knigge et Weishaupt s'envenime, et le premier, que le second accuse de « fanatisme religieux » se retire en avril 1784 en publiant un mémoire condamnant les conceptions anticléricales de Weishaupt et de la majorité des dirigeants de l'ordre[3].

    Le 22 juin 1784, l'électeur de Bavière bannit toutes les sociétés secrètes, ce qui inclut les Illuminati et la franc-maçonnerie. En février 1785, Weishaupt est destitué de sa chaire universitaire et banni de Bavière. Il se réfugie alors à Gotha, sous la protection du duc de Saxe.[3]

    C'est alors le journaliste Johann Bode qui devient de fait le chef de l'Ordre. En 1787, il se rend en France, à Strasbourg, puis à Paris, où il rencontre les membres de la loge des Philalèthes. Selon son « Journal de voyage », certains d'entre eux constitueront alors un noyau secret de « Philadelphes », ressemblant aux Illuminaten allemands.[4]

    http://blog.lefigaro.fr/hightech/IlluminatiPyramid_001.jpg

    Traqués, assimilés à des criminels, les illuminés de Bavière disparaissent totalement du Sud de l'Allemagne dès 1786, seuls quelques foyers résistant en Saxe jusqu'en 1789.[3]

    Citations du fondateur Adam Weishaupt [modifier]

        * « Je songe à établir un système de loges confédérées...Nous avons le plus grand intérêt à établir dans la franc-maçonnerie un système éclectique...Nous aurons tout ce que nous voudrons... » (lettre du 11 janvier 1783[3])
        * « La grande force de notre Ordre réside dans sa dissimulation ; qu’il n’apparaisse jamais sous son nom propre, mais toujours sous le couvert d’un autre nom, d’une autre activité… » [réf. souhaitée]

    Les partisans [modifier]

        * Adam Weishaupt, professeur de droit canonique à l'université d'Ingolstadt.
        * Adolph Von Knigge, écrivain allemand.
        * Johann Joachim Christoph Bode, journaliste allemand.

    Les opposants [modifier]

    Pour les adversaires des Illuminés de Bavière, ce mouvement « Illuminati » est synonyme de «nouvel ordre mondial»[citation nécessaire]. Ils s’appuient largement sur les thèses conspirationnistes d'auteurs de l'époque :

        * Dès 1786, Ernst August von Göchhausen, dans son livre Révélations sur le système politique cosmopolite, dénonça un complot maçonnique sous infiltration des illuminés de Bavière manipulés par les jésuites et prédisit d'« inévitables révolutions mondiales »[5] 3 ans avant le déclenchement de la révolution française.
        * en 1798, l’abbé Augustin Barruel publia les Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme qui soulignaient la théorie d’une grande conspiration regroupant les templiers, les rosicruciens, les jacobins et les illuminati.
        * en 1798, simultanément et de manière indépendante, un Maçon écossais, professeur d’histoire naturelle, John Robison sortait Les Preuves d’une conspiration contre l’ensemble des religions et des gouvernements d’Europe. Quand il vit le travail similaire réalisé par Barruel, il ajouta une multitude de notes pour compléter son essai. Robison prétendait montrer la preuve d’une conspiration des Illuminati œuvrant au remplacement de toutes les religions par l’humanisme et de toutes les nations par un gouvernement mondial unique.

    Théories conspirationnistes [modifier]
    Icône de détail Article détaillé : Illuminati selon les théories du complot.

    Malgré la faible durée de vie de l’organisation (une décennie)[6], les Illuminati de Bavière ont toujours eu une image ténébreuse dans l’histoire populaire, à cause des écrits de leurs opposants. Les allégations lugubres de théories conspirationnistes qui ont façonné la vision de la franc-maçonnerie ont pratiquement occulté les Illuminati. En 1798, l’abbé Augustin Barruel publia les Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme qui soulignaient la théorie d’une grande conspiration regroupant les Templiers, les Rosicruciens, les Jacobins et les Illuminati. Simultanément et de manière indépendante, un Maçon écossais et professeur d’histoire naturelle, John Robison sortait en 1798 Les preuves d’une conspiration contre l’ensemble des religions et des gouvernements d’Europe. Quand il vit le travail similaire réalisé par Barruel, il ajouta une multitude de notes pour compléter son essai. Robison prétendait montrer la preuve d’une conspiration des Illuminati œuvrant au remplacement de toutes les religions par l’humanisme et de toutes les nations par un gouvernement mondial unique.

    Plus récemment, Antony Cyril Sutton suggèra que la société secrète Skull and Bones (littéralement : crâne et os) avait été fondée par la branche américaine des Illuminati. Robert Gillete a défendu l’hypothèse que ces Illuminati auraient finalement l’intention d’établir un gouvernement mondial par des procédés criminels tels que l’assassinat, la corruption, le chantage, le contrôle des banques et des pouvoirs financiers, l’infiltration de gouvernements, mais également en soutenant des guerres et des révolutions pour placer leurs propres membres dans les hautes sphères de la hiérarchie politique.

    Sutton et Jefferson semblaient d’accord pour dire que les ennemis des Illuminati étaient les monarques d’Europe et l’Église. Augustin Barruel pensait même que la Révolution française de 1789 a été fomentée et contrôlée par les Illuminati par l’intermédiaire des Jacobins. Et plus tard les théoriciens conspirationnistes ont aussi trouvé la responsabilité des Illuminati dans la Révolution russe de 1917 bien que l’ordre ait été officiellement dissout en 1784.


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    http://www.kheper.net/topics/Hermeticism/rosecr.gif

     

    L'ordre hermétique de l'Aube dorée (Hermetic Order of the Golden Dawn) était une société secrète anglaise qui fut fondée à Londres par William Wynn Westcott en 1888, avant de se disloquer, de 1900 à 1905, suite à des conflits internes. S’inscrivant dans la mouvance occultiste propre au dernier tiers du XIXe siècle, la Golden Dawn (car c'est ainsi qu'est communément désigné l'Ordre) se présentait comme une école consacrée à l’étude des sciences occultes (à leur systématisation, leur organisation) et à leur enseignement.



    Origines de la Golden Dawn


    On trouve trois hommes à l’origine de l'Ordre Hermétique de l’Aube Dorée, par ailleurs membres d’un ordre maçonnique : la Societas Rosicruciana in Anglia.

    * le docteur William Wynn Westcott
    * William Robert Woodman
    * Samuel Liddell MacGregor Mathers

    Aux origines de l’Ordre

    L’anecdote entourant la fondation de la Golden Dawn est une histoire contestée. Tout aurait commencé en 1884, lorsque le Dr W.W. Westcott, membre haut placé de la S.R.I.A., soumit à ses "confrères" W.R. Woodman et S.L. Mathers des manuscrits codés. À l'en croire, c'est le révérend A.F.A. Woodford, pasteur anglican, qui, ayant trouvé ces obscurs textes dans les rayonnages poussiéreux d'une petite librairie de Farrington Street à Londres, lui aurait confié le soin de les déchiffrer.

    William Wynn Wescott décode lesdits manuscrits et y découvre notamment les coordonnées d’une certaine Anna Sprengel, domiciliée en Allemagne et soi-disante membre d'une mystérieuse société secrète rosicrucienne. Westcott se serait alors résolu à engager, le 12 octobre 1887, une correspondance avec celle-ci.

    Après cinq mois de prétendue liaison épistolaire, Westcott aurait reçu, par l'intermédiaire de Sprengel, une charte officielle de la dite société, ayant pour nom "Temple Licht, Liebe und Leben - Lumière, Amour et Vie", Woodman et Mathers et leur donnant la permission de fonder en Grand-Bretagne une fraternité rattachée à celle d’Allemagne. Elle devait avoir pour nom « Aube dorée de l'extérieur » (Golden Dawn in the Outer). Westcott demande l'aide de son compère Samuel Liddel Mathers afin de mettre en forme les ébauches des Rituels d'initiations de l'Ordre, ce qu'il fit remarquablement. Dés lors, Mathers s'occupera des enseignements Magique de l'Ordre. Westcott de la Kabbale et du système Rosicrucien et le Révérend Ayton de la branche Alchimique (qui ne vera jamais le jour).

    Fondation et ramifications

    En mars 1888, à Londres, fut inaugurée la loge « Isis-Urania », première loge "officielle" de l'Ordre hermétique de l'Aube dorée. L’événement fut publiquement annoncé dans une revue théosophique en 1889. L’« Isis-Urania » était également dénommée « Temple n°3 » du fait de la pseudo-existence de deux premières loges allemandes — n’étant pas, elles, « dans le monde extérieur » — (la première, le « temple-mère », étant celle dont était censée faire partie l’énigmatique Anna Sprengel, et la seconde étant désignée sous le nom de « loge Hermanubis » dans les lettres qu'elle aurait adressé à Westcott).

    De 1889 à 1905, la Golden Dawn implanta des loges secondaires à Bristol (la loge « Hermès », n°4), à Bradford (« Horus », n°5), à Edimbourg (« Amon-Râ », n°6), à Paris (« Ahatöor », n°7), et enfin à West-upon-Super-Mare (« Osiris », n°8).

     

    http://axismundi.wersh.com/images/Great.Seal.gif



    Hiérarchie

    Le parcours initiatique au sein de la Golden Dawn, dénommé cursus studiorum magicorum, était subdivisé en treize niveaux : un grade introductoire, Néophyte 0=0, puis (Zelator 1=10, Theoricus 2=9, Practicus 3=8, Philosophus 4=7, un second grade introductoire au second ordre, nommé Seigneur du Portail"", puis dans le second ordre, Adeptus Minor 5=6, grade sous divisé en Zelator Adeptus Minor (Z.A.M.), puis Théoricus A. M., Practicus A.M. et enfin Adeprus Adeptus Minor, puis Adeptus Major 6=5, Adeptus Exemptus 7=4, le Troisième Ordre Magister Templi 8=3, Magus 9=2et Ipsissimus 10=1) — structure inspirée de l'Arbre des Sephiroth (élément majeur la Kabbale) — eux-mêmes répartis en trois « ordres » internes à l’Ordre entier. Ces trois "sous-ordres" étaient :

    * « l’Ordre de l’Aube Dorée » ou « Ordre Extérieur »

    Ce premier ordre, dont le nom sert aussi à désigner la fraternité dans son ensemble, visait à la formation théorique des initiés. Il incluait les grades I à IV, aec le Grade de Néophyte 0=0 en tant qu'introduction : Grade I - Zelator ; Grade II - Theoricus ; Grade III - Practicus ; Grade IV - Philosophus.

    * « l’Ordre de la Rose Rouge et de la Croix d’Or »

    (Ordo Rosae Rubeae et Aureae Crucis) ou « Ordre Intérieur » : Ce deuxième ordre octroyait le statut d’« Adepte » et enseignait les techniques et rituels magiques pratique jusqu'alors uniquement étudié intellecuellement dans le premier Ordre. Il incluait les grades 5=6, 6=5 et 7=4 : un grade introductoire du Portail vit le jour plus tard. Le premier Grade 5=6 - Adeptus Minor en 4 sous-grades ; Grade 6=5 - Adeptus Major ; Grade 7=4 - Adeptus Exemptus. On y trouvait un chef Adepte pour le pays concerné.

    * « l’Ordre de l’Etoile Argentée » (Ordo Astrum Argentum ou Argenteum Astrum)

    Ce troisième et dernier ordre, qui incluait les grades deGrade 8=3 - Magister Templi ; 9=2 - Magus et 10=1 - Ipsissimus"") était prétendûment constitué des chefs secrets de la Golden Dawn. Le grade introductoire de ce troisième Ordre étant le « Seigneur de l'Abîme ». Le fait est qu’aucune personnalité connue ayant fait partie de la fraternité n'a jamais revendiqué son appartenance à cet ordre… On s’accorde donc à dire qu’il n’existait pas en réalité.

    Actuellement de nombreuse branches, sans réelles authenticité, prétendent à cet Ordre et a ces Grades en toute impunité.

    (Seul l'Ordre du même Nom, créé par Aleister Crowley, Argenteum Astrum, qui dérive de la Golden Dawn Originelle, et qui prétendit être Magis 9=2).

    Membres

    Parmi les membres de la Golden Dawn, on retrouvait Arthur Edward Waite, le poète William Butler Yeats, l’actrice Florence Farr, Algernon Blackwood, Allan Bennet, Aleister Crowley, John Brodie-Innes, Annie Horniman Fondatrice avec Yeats de la Société Théatrale Nationnale d'Irlande, puis de l'Abbaye Theater, les écrivains Arthur Machen dans la branche de A.E. Waite, et Enoch Soames, Henry Rider Haggard, Sax Rohmer, etc.
    Grands Maîtres de l'Ordre hermétique de l'Aube dorée
    de 1888 à 1891 William W. Westcott, Samuel L. McGregor Mathers, William R. Woodman
    de 1891 à 1900 William W. Westcott, Samuel L. McGregor Mathers
    de 1900 à 1901 William W. Westcott
    de 1901 à 1903 William B. Yeats
    de 1903 à 1905 Arthur E. Waite (éminence grise : William A. Ayton ?)

    Enseignements

    L'enseignement de la Golden Dawn reposait principalement sur l'étude de la Kabbale, des arts Divinatoires :

    * Astrologie
    * Tarot
    * Géomancie
    * les bases de l'Alchimie et l'hermétisme
    * la Talismanie
    * le Voyage Astral, (nommée projection Astrale par la Vision de l'esprit)
    * l'étude des textes traditionnels (exégèse guématrique)
    * la gnose
    * les religions monothéistes autant que le paganisme,
    * mais surtout la Haute-Magie et tout ce que cela comprend de disciplines, afin que l'initié explore les tréfonds de son être intérieur, de sa nature et de la Nature qui l'environne
    * l'apprentissage de la Magie énochienne.

    L’étude de la Kabbale (également nommée Qabale lorsqu'elle est étudiée conjointement à l'hermétisme), commençait dans l‘« Ordre Extérieur » et était approfondi dans l’« Ordre Intérieur » ; l’énochien, quant à lui, était uniquement enseigné aux « Adeptes » (membres de l’« Ordre Intérieur »). En dehors de ces deux fondements, les initiés s'adonnaient également à des disciplines occultes "secondaires" telles que la tarologie, la géomancie, l’alchimie, etc.

     

    http://www.golden-dawn.org/images/resources.jpg



    La fin de la Golden Dawn

    Douze années après sa fondation, la Golden Dawn partit en morceaux. Cet éclatement est l'aboutissement d’un vaste écheveau d’évènements qui, somme toute, découlerait fondamentalement de la lutte de pouvoir entre Mathers – basé à l’« Ahatöor » depuis 1890 – et Westcott – basé à l’« Isis-Urania » – qui durent se partager l’administration de la Golden Dawn suite au décès de Woodman en 1891.

    Les deux hommes entrèrent en conflit au sujet des Rites de l’Ordre qu’ils devaient ensemble mettre au point. Mathers prétendit alors être en relation avec les « chefs secrets » censés diriger la Golden Dawn en coulisses, et s’en servit comme prétexte pour témoigner de penchants despotiques progressivement croissants, qui ne furent d'ailleurs pas au goût de tous les Adeptes... Les tensions occasionnées parmi les membres, en cette dernière décennie du XIXe siècle, débouchèrent sur le « schisme de 1900 ».

    Le « schisme de 1900 »

    Ce rejet massif de l’autorité de Mathers fut la réaction de l'« Isis-Urania » lorsqu'il tenta de soumettre l'Ordre à son contrôle total. La méfiance des Adeptes de Londres s’intensifia suite à l'expulson de Annie Horniman, qui fut la bienfaitrice, et la bourse du Couple Mathers. Malgrés ce que disent certains auteurs ne connaissant pas l'historique de l'Ordre, ce ne fut pas à la suite de l'initiation d'Aleister Crowley (à l'époque encore jeune initié que rien ne distinguait des autres) par Mathers au temple parisienne « Ahatöor ». Aussi, après que Mathers eut envoyé son nouvel initié pour tenter de faire plier les membres du temple londonien et d'imposer à tous sa nouvelle vision autocratique de l'Ordre, ainsi que les Rituels et enseignements que lui seul avait écrit, ce dernier préféra faire scission, ne reconnaissant que l'autorité de Westcott et Florence Farr et entraînant en même temps dans son camp les autres Temples de Grande-Bretagne.

    Mathers annonça alors, dans une lettre de 1900 adressée à Florence Farr (dirigeante de la loge Isis-Urania depuis 1897), que les écrits codés au fondement de la Golden Dawn n'étaient que des faux fabriqués de toutes pièces par Westcott. Ce dernier, à la fois excédé et arcelé par la bureaucratie Victorienne, argua être accaparé par ses nouvelles responsabilités à la S.R.I.A. (il y était à l’époque promu à un poste important) pour se retirer de ses fonctions de Chef Adepte, bien qu'il demeura dans l'ombre. Ce ne fut pas la première fois que Mathers souhaita éliminer Westcott de l'Ordre pour devenir le seul chef, ce ne fut qu'une tentative de plus.

    A la même époque, Mathers fut éclaboussé par un Scandale de "l'Affaire Horos”, un couple d'escrocs que Mathers avait pris pour des Adeptes, croyant même que cette femme était un Avatar de Madame Blavatski, mais ces dernier ce serviront des rituels de l'Ordre pour escroquer et même abuser sexuellement de jeunes femmes. Les rituels de l'Ordre furent publié dans la presse et les temples Britannique changèrent le nom de l'Ordre en “Hermetic Society of the Morgen Rothe. Les trois chefs sont alors, Brodie-Innes, J. Felkin et P. Bullock. Après le retrait apparant de Westcott en 1901, Yeats fut élu pour le remplacer à la tête du Temple Isis Urania. Mais l'institution n'était pas à l'abri de nouveaux bouleversements... En effet, d'autres divergences apparurent dans les temps qui suivirent — toutes reliées à celle d'ordre doctrinal qui opposa, de 1903 à 1905, Yeats et son successeur Waite au sujet d'une réforme entreprise par ce dernier — (l'Ordre evait t'il rester "Magique" ? Oui pour la majorité, les autres préférant l'aspect "Mystique", donnant lieu à un nouveau « schisme »...

    La réforme de Arthur E. Waite

    En 1903, Waite succéda à Yeats comme Grand Maître. Le premier acte de celui-ci en vertu de son nouveau statut fut une réforme des principes fondamentaux de l'Ordre : il proclama la primauté de l'accomplissement spirituel (accent mis sur la connaissance ésotérique et la quête de la Vérité) sur l'accomplissement matériel (que présuppose l'occultisme en général, et la magie en particulier). Voyant dans cet acte de négation du fondement même de la Golden Dawn (à savoir la pratique des sciences occultes) l'annihilation pure et simple de l'Ordre, l'ancien Grand Maître Yeats s'opposa vivement à Waite. Deux camps se formèrent alors : l'un regroupant les partisans de la réforme et représenté par William Alexander Ayton, (relativement peureux en matière d'opérativité), bras droit de Waite, et l'autre rassemblant, aux côtés de l'ancien Grand Maître Yeats, les conservateurs.

    La querelle dura deux ans, après quoi le camp Yeats fini par aller fonder son propre ordre (La Stella Matutina, l'« Etoile du Matin ») — transposition parfaite de la Golden Dawn avant la réforme de Waite — , faisant sécession de ce qui pris alors le nom d’Holy Order of the Golden Dawn (« Saint Ordre de l’Aube dorée » ; l’expression « saint ordre » illustrant davantage les nouvelles tendances mystiques insufflées par Waite) et qui continua du reste à être ébranlé par des luttes intestines jusqu'à sa dissolution en 1915, suite au départ de Waite. Après ce « schisme de 1905 », qui fut le véritable coup de grâce pour l'Ordre Hermétique de l'Aube dorée, certains initiés restés neutres dans la lutte entre le camp Yeats et le camp Ayton préférèrent aller fonder, seul ou par groupe, leur propre fraternité...


    Plusieurs branches virent donc le jour. L'Ordre Hermétique de la Stella Matutina, qui fut dirigé par le Docteur Felkin, et qui existe encore de nos jours. L'Ordre Réformé de la Golden Dawn, qui devint “The Holy Order of the Golden Dawn", puis “Fellowship of Rosy Cross”, par A.E. Waite. L'Ordre Rosicrucien de l'Alpha et Omega, fondé par Brodie-Innes, (qui passa de la Stella Matutina et retourna vers Mathers). Cet Ordre repris par Mathers, vivota pendant quelques années, puis à la mort de Samuel Mathers, sa Femme “Moina Mathers“ teint l'ordre d'une main de fer; jusqu'à créer de nouveau schismes. Cette branche implantée aux USA donna naissance plus tard à B.O.T.A. (Buiders of the Adytum), fondé par Paul Foster Case qui fut expulsée par madame Mathers, ou encore “Society of the Inner Light”, fondé par Fortune Dion, initié par Brodie-Innes au sein de l'Alpha et Omega. De nouvelles tentatives étranges de faire renaître l'Ordre Rosicrucien de l'Alpha et Omega, virent le jour à la fin des années 1990, en France, Suède et USA. L'A:. A:. ou Argenteum Astrum fondé par Aleister Crowley et d'autres anciens membres de la Golden Dawn, mais dont la vision intégra au cursus la mustique orientale et le Yoga ; sans parler le la soi-disant révélation de Crowley, le Livre de la Loi - Liber Al vel Legis, qui transforme la Golden dawn en une structure Thélémite. Cette branche possède actuellement plusieurs visages et Chefs qui s'entredéchirent.

    Actuellement, depuis la fin des années 1990, plusieurs structures se revendiquent de la filiation authentique de la Golden Dawn. La plupart d'entre elles proviennent des USA et sont devenues très structurées & "business".

    The Hermetic Order of the Golden Dawn International, devenu “Order of the Morning Star”, puis récemment “Esoteric Order of the Golden Dawn" qui comprend de nombreux Temples aux USA et en Europe, fondée par Robert Zinc.

    The Hermetic Order of the Golden Dawn, provenant des enseignements que Israel Regardie transmit à Chic Cicero. I. Regardie fut le secrétaire de Aleister Crowley, puis il rejoignit les branches survivantes et moribondes de la Stella Matutina & publia de nombreux ouvrages sur la Golden Dawn, ses pratiques et ses Rituels.

    De ce groupe proviennent différente branches, également nommée Stella Matutina.

    Une branche, (soi-disant ininterrompue) de la Stella Matutina de Nouvelle-Zélande, fondée par le Dr Felkin et divulgée par Pat Zalewski, qui prend racine en Nouvelle-Zélande, Australie et au Québec.

    Une branche, aux filiations incertaines, de l'Ordre Rosicrucien de l'Alpha et Omega, fondée par J.P. Ruggiu (France), Robert Word (USA) et D. Griffin (Suède & USA).

    Ordres issus de la Golden Dawn [modifier]

    Les plus connus des "ordres dérivés" de l'Ordre Hermétique de l'Aube dorée sont :

    * La Stella Matutina (« branche Yeats ») — sus-mentionnée ; groupe traditionaliste scissioniste qui, désapprouvant la réforme de Waite, fonda cet ordre pour faire perdurer la Golden Dawn originelle
    * Le Saint Ordre de l'Aube dorée (« branche Waite ») — également mentionné ; nom que pris la Golden Dawn suite à la réforme ; auto-dissout en 1915
    * L'Ordre rosicrucien Alpha & Omega (« branche Mathers ») — arrété en 1939
    * L'Astrum Argentum (« branche Crowley »)
    * L'Ordre Solaire (« branche Brodie-Innes »)
    * L'Ordre de la Lumière (« branche Pattinson »)
    * Builders Of The Adytum (« branche Paul Foster Case »)
    * et d'autres...

    Ordres dont les Fondateurs ont été Responsables dans différents organismes de Builders Of The Adytum - BOTA

    * [Artisan of Light] (« branche [Jacob Fuss] »)
    * [Fraternitas Lvx Occulta] (« branche Paul Clark»)
    * [BOTA Europe] (« branche Daniel Wagner »). Branche dissoute en 1996
    * [BOTA Europe BE] (« branche Daniel Wagner »). Branche dissoute suite à des accords juridiques entre BOTA et Daniel Wagner

    Bibliographie

    * Denis Labouré, Les enseignements kabbalistiques de la Golden Dawn ; éditions Télètes, 1991.
    * Nicolas Tereshenko, Les ancêtres rosicruciens de la Golden Dawn ; éditions Télètes, 1992.
    * Jean Pascal Ruggiu, Les rituels magiques de l'Ordre hermétique de la Golden Dawn ; éditions Télètes, 2002.
    * Jean Pascal Ruggiu, La magie hénochéenne de l'Ordre hermétique de la Golden Dawn ; éditions Télètes, 1994.
    * Fred MacParthy, F.L.A.D., La Formule du Pilier du Milieu selon l'Ordre hermétique de la Golden Dawn et la Stella Matutina ; éditions Sesheta-Publications, 2006.
    * Fred MacParthy, F.L.A.D., Les Flying Rolls de l'Ordre Hermétique Golden Dawn, Gnose des Rose Croix du XIXe Siècle ; éditions Sesheta-Publications, 2006.
    * Francis King, Magie Rituel et Sociétés Secrètes ; éditions Denoels, 1972

    http://pandore.net/magies/secret_histoire/_img/golden_dawn.jpg


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    Le terme théosophie fait référence à une doctrine qui soutient que toutes les religions sont des projections et tentatives de l'Homme de connaître « le Divin », et que, par voie de conséquence, chaque religion possède une partie de la Vérité.

    La théosophie (theosophia - en grec : theos, divin et sophia, sagesse) a été fondée chez des auteurs de l'Antiquité. L'origine du terme se trouve chez les philosophes d'Alexandrie, les philalèthes (en grec : phil, qui aime et aletheia, la vérité). Le mot théosophie en tant que tel date du IIIe siècle de l'ère chrétienne et fait son apparition avec Ammonios Saccas et ses disciples, qui fondèrent le système théosophique éclectique. La méthode consiste, d'une part, à raisonner en terme d'analogies (on appelait les disciples d'Ammonios Saccas les « analogistes » en raison de leur habitude d'interpréter les légendes, mythes et contes sacrés selon une logique d'analogie et de correspondance) et, d'autre part, à connaître l'expérience du divin par l'extase spirituelle et l'intuition directe.

    Le terme de théosophie correspond également à un système de croyances moderne et a été spécialement utilisé par Helena Petrovna Blavatsky pour définir thématiquement sa propre doctrine. Avec Henry Steel Olcott et William Quan Judge, elle a fondé la Société théosophique en 1875. Cette organisation spiritualiste s'apparente à d'autres mouvements initiatiques du même ordre, avec lesquels elle a entretenu de nombreux liens jusqu'à aujourd'hui (Franc-Maçonnerie, Rose-Croix, Martinisme).
    Il s'agit d'une renaissance moderne du principe théosophique ancien. Il est fondé sur un syncrétisme à base des traditions de l'hindouisme et du bouddhisme, que les théosophes affirment reposer sur un « Corps de Vérité » commun à toutes les religions : la Tradition Primordiale. La théosophie, affirment-ils, représente un aspect moderne du Sanatana Dharma, « la Vérité Eternelle », comme religion en soi. Les cinq symboles visibles dans le sceau de la Société théosophique sont l'Étoile de David, l'Ankh, la Svastika, l'Ouroboros et, au-dessus du sceau, le signe Aum. Autour du sceau sont écrits les mots : « Il n'y a pas de religion supérieure à la Vérité ».

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    Fondements théoriques de la théosophie moderne

    Bien que la construction métaphysique de la théosophie moderne soit constituée d'un assemblage relativement disparate d'éléments d'origines diverses (la démarche est, en effet, syncrétique), on peut identifier quelques grands axes de développement qui constituent des lignes de repères récurrentes dans la doctrine.

    * La Conscience est Une et Universelle

    Selon ce postulat, la Nature n'opère pas par la chance et le hasard. Chaque événement, passé ou présent, est la cause de lois qui sont une partie du « Principe Universel ». Les théosophes soutiennent que toute chose, vivante ou pas, est « imprégnée » par la Conscience. Ce Principe a été appelé de façon variée dans les œuvres de la Théosophie : Dieu (non personnel), la Loi, le Grand Architecte, l'Évolution, et le Logos.

    * La Réincarnation est universelle

    A l'image de l'hindouisme dont la plupart des pensées théosophiques s'inspirent, la théosophie exprime l'idée que les êtres se réincarnent à travers de nombreuses vies, sous différentes formes. Dans ce sens, tous les êtres auraient atteint l'état « humain » au travers d'une myriade de réincarnations, passant par les règnes minéral, végétal puis animal, depuis la naissance de la vie sur la Terre. Cependant, la théosophie diffère dans sa conception de la réincarnation : elle réfute la croyance qu'une régression soit possible ; ce qui signifie que, dans son corpus, les humains ne peuvent se réincarner à nouveau en animaux ou en plantes. Par ailleurs, les hommes sont considérés uniquement comme une étape de l'évolution de la vie sur la Terre et pas comme l'achèvement de l'évolution, qui continue au travers de règnes supérieurs, sous la forme d'autres entités tels que les « Dhyani Chohans » (correspondant à des entités spirituelles libérées des contingences matérielles).



    * L'individualité immortelle de l'Homme

    Les théosophes croient que tous les êtres humains comportent un principe immortel (la Monade, le Soi, leur individualité) mais que dans leurs personnalités successives (c'est-à-dire leurs incarnations), ils sont inconscients, la plupart du temps, du lien existant avec leur nature divine et meurent à moins de réaliser absolument une union de leurs deux principes (c'est-à-dire de leur individualité transpersonnelle et de leur personnalité d'incarnation).

     

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    * Karma

    Similaire à la pensée hindoue sur l'idée du Karma, la conception spécifique des théosophes consiste à proner, pour les actions humaines, que les actes mauvais doivent être remplacés par des actes de bonté et que ces actes de bonté doivent être reliés au plan du Principe divin. Plus généralement, la Théosophie part du principe que le Bien et le Mal sont le résultat de la différenciation de l'Esprit (divin) et de la Matière dans un cycle d'évolution. Il existerait dans un premier temps une involution naturelle de l'Esprit dans la Matière qui serait suivie par une évolution de la Matière retournant à l'Esprit.

    * Évolution

    Le but de l'Univers, manifestation du « Principe universel », serait que l'Esprit (divin) se manifeste à lui-même par sept niveaux de différenciation de Matière de plus en plus opaques afin de réaliser l'apprentissage de la « soi-conscience », c'est-à-dire de se différencier suffisamment afin de se comprendre lui-même, au travers d'un retour à lui-même dans le cycle d'évolution. L'Homme, comme étape du cheminement de la Conscience universelle dans la Matière, participerait à cette intention de l'Esprit (divin), au travers de ses actions, de ses incarnations successives et de sa confrontation à la contingence matérielle. La religion, la philosophie, la science, les arts, le commerce, l'humanisme ou la philanthropie, entre autres domaines, seraient soumis aux lois de l'évolution initiées par l'Esprit, en connaissant leurs propres évolutions, mais seraient autant de domaines et d'opportunités pour les hommes de se rapprocher plus près de la conscience de leur lien intrinsèque avec le Divin et de participer pleinement à l'intention de l'Esprit (divin).

    * La Fraternité universelle

    Si toute chose de l'Univers est reliée à la source divine unique (le Principe universel), chacune possède une forme et une nature qui est l'expression de son niveau de conscience actuel. Néanmoins, malgré la diversité des formes, l'idée est soutenue que, même si seuls les êtres humaines possèdent une âme individualisée, toutes les choses vivantes sont unies dans un principe de Fraternité par le lien commun au Principe universel.

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    * Les Maîtres de Sagesse

    Selon les écrits théosophiques, il existerait des êtres humains évolués, parvenus à connaître le « Principe Universel » et à s'affranchir de la condition de l'homme ordinaire. Ces individus, appelés Maîtres de Sagesse et supposés résider pour la plupart en Inde, sont considérés comme détenteurs d'une connaissance profonde et secrète de la Tradition primordiale, supposée être la base commune de toutes les religions. Les théosophes affirment que ces êtres sont l'extrémité d'une chaîne continue de tous les individus entre eux, qui permettraient à la connaissance ésotérique d'être dispensée aux disciples prêts à la recevoir (c'est-à-dire à tout individu s'engageant dans une démarche spiritualiste). C'est de ces Maîtres qu'émanerait notamment l'ouvrage de référence de la doctrine de la théosophie moderne : La Doctrine Secrète d'Helena Blavatsky.

    * Le Septénaire


    Une brève histoire de la théosophie

    Les théosophes relient l'origine de la théosophie aux efforts pour atteindre la divinité qui existent dans toutes les anciennes cultures. Ils soutiennent qu'on peut trouver la démarche théosophique au travers d'une chaîne ininterrompue de transmission d'enseignements en Inde mais qu'elle a existé dans la Grèce antique dans différents écrits comme ceux de Platon (427-347 av. J.-C.), Plotin (204/5-270) et d'autres néoplatoniciens, jusqu'à Jacob Boehme (1575-1624).

    L'ésotérisme de la théosophie moderne, cependant, commence avec Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891), plus connue sous l'appellation de Madame Blavatsky. Celle-ci était l'un des fondateurs de la Société théosophique (fondée en 1875, à New York) avec Henry Steel Olcott, qui était juriste et écrivain, et William Quan Judge. Madame Blavatsky était une aventurière qui a voyagé à travers le monde, et qui s'est installée en Inde où, à nouveau avec Olcott, elle établit le quartier général de la Société théosophique, près de Chennai. Elle revendiquait de nombreux pouvoirs psychiques et médiumniques, qu'elle incorpora dans la doctrine de la Société théosophique, au travers des interprétations ésotériques des religions orientales (hindouisme et bouddhisme). Elle affirmait en effet que la connaissance de certains enseignements ésotériques permettait de développer des pouvoirs latents en l'Homme. Ces composantes devinrent les piliers de base du mouvement théosophique.

     

    Bien que la Société théosophique existe encore aujourd'hui, la théosophie moderne a connu son âge d'or entre la fin du XIXe siècle et les années 1920 où, à titre d'exemple, la section américaine comptait plus de 7 000 membres. C'est aussi à cette période que la Société théosophique connaît de nombreux schismes et perd progressivement de son influence. Ces ruptures ont donné naissance à des mouvements et groupements divers tels que l'anthroposophie de Rudolf Steiner (approche se voulant plus chrétienne« scientifique » de la théosophie et centrée sur l'Homme), l'École Arcane d'Alice Bailey (qui se veut la continuation directe de la doctrine de Mme Blavatsky en y incorporant par ailleurs une dimension fortement chrétienne), l'Agni Yoga Society d'Helena et Nicholas Roerich ou tout simplement, plus récemment, le mouvement New Age, dont certains de ses acteurs se réclament des enseignements théosophiques. D'autres acteurs plus controversés s'inscrivent également dans cette lignée tel que l'école dite de la Nouvelle Acropole (encore très puissante en Amérique du Sud et considérée comme une secte dans certains pays) ou par exemple, au sein du mouvement New Age, dans les années 1970, le mouvement Share International (en France : Partage International), fondé par Benjamin Creme, un Écossais se réclamant des écrits d'Helena Blavatsky et plus particulièrement de ceux d'Alice Bailey.

    Influences et personnalités

    Les artistes qui ont été inspirés par les doctrines de la théosophie sont nombreux. À titre d'exemple, on peut citer au niveau musical les compositeurs Ruth Crawford-Seeger, Dane Rudhyar, Cyril Scott ou encore, plus célèbre, Alexandre Scriabine . Mais c'est particulièrement dans le domaine des arts picturaux et de la littérature que les théories théosophiques connurent beaucoup de succès, comme par exemple auprès de Wassily Kandinsky, Piet Mondrian, Jackson Pollock, Franz Kafka ou encore William Butler Yeats. Par ailleurs, la théosophie a touché dans sa jeunesse londonienne l'exploratrice et tibétologue Alexandra David-Néel et l'a incitée à explorer l'Asie. Elle a même vécu un certain temps dans une maison au siège international de la Société Théosophique à Adyar en Inde.

     

     


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